Objectifs de développement durable

L’Afrique affiche un rythme lent dans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ONU)

Le taux de croissance économique moyen des pays africains, qui était de 3,2 % en 2018, reste en deçà de ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) sur le continent, a estimé la Secrétaire générale adjointe de l’ONU et Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, Vera Songwe.

« Pour être sur la bonne voie et atteindre les ODD, le taux de croissance du PIB par habitant de 0,6 % doit plus que tripler. Le temps presse et il nous faut des mesures urgentes et innovantes pour sortir les populations africaines de la pauvreté », a-t-elle plaidé dans son allocution prononcée en son nom par la Secrétaire exécutive adjointe, Giovanie Biha, lors de la 5e session du Forum régional africain sur le développement durable qui a ouvert ses travaux mardi 16 avril à Marrakech, indiquait hier l’Agence de presse africaine.

https://twitter.com/Pouvoirsdafriq1/status/1118527733934514176

Pour elle, les progrès accomplis dans de nombreux pays africains dans la mise en œuvre des ODD sont encore lents. La lenteur de ce rythme ne permettra pas à l’Afrique d’atteindre ces objectifs d’ici 2030.

En décembre 2018, la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (CEA) a lancé l’Horloge de mesure de la pauvreté, qui affiche en temps réel les prévisions concernant les taux de pauvreté de chaque pays du continent. Ce dispositif montre que d’ici 2030, à l’exception de quelques pays d’Afrique du Nord, tous les pays africains ne seront pas en mesure de réduire le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, et que dans certains pays, le nombre de personnes vivant dans des conditions aussi difficiles va augmenter, explique encore l’Agence de presse africaine.

Des progrès à faire en matière d’éducation et de développement

En matière d’accès universel à une éducation de qualité en Afrique, ce continent affiche la plus faible proportion d’enseignants formés au monde. L’offre d’enseignants formés aux niveaux primaire et secondaire est encore très inférieure à celle qu’il faut pour promouvoir une éducation de qualité.

Par ailleurs, la promotion d’une croissance économique durable, la fourniture d’un travail décent pour tous et l’accès au plein-emploi productif demeurent un défi de taille pour les pays africains, qui ont le taux le plus élevé d’emplois vulnérables au monde, avec une moyenne de 66 %, et où l’emploi dépendant du secteur informel est extrêmement répandu, à un taux estimé à 85 %.

https://twitter.com/ECA_OFFICIAL/status/1118442892123676672

En matière de réduction des inégalités, des progrès considérables ont été réalisés pour sortir les populations de la pauvreté et réduire les inégalités, mais l’Afrique reste encore l’une des régions du monde les plus inégalitaires, avec de grandes disparités de revenus et de richesse, d’accès à la nourriture, aux soins de santé, à l’éducation, à l’eau potable et à d’autres actifs et ressources essentiels.

Catastrophes naturelles

Quant à la question du climat, le continent continue d’être gravement touché par les effets néfastes des changements climatiques, comme cela a été constaté récemment avec les conséquences catastrophiques du cyclone tropical Idai au Mozambique, au Malawi, au Madagascar et au Zimbabwe, qui a fait des centaines de morts, déplacé près de 150 000 personnes et gravement endommagé des infrastructures essentielles dans ces pays.

Les changements climatiques sont une question transversale qui touche tous les ODD et « aggrave les menaces », les vulnérabilités et les inégalités structurelles existantes. Ils nécessitent des investissements de près de 63 000 milliards de dollars américains en faveur du climat dans le cadre de l’Accord de Paris.

Mme Biha a enfin appelé à ce que le Forum régional africain pour le développement durable serve de catalyseur pour des actions spécifiques visant à accélérer la mise en œuvre du Programme 2030 et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. « L’un des moyens d’y parvenir est d’élargir les possibilités d’apprentissage par les pairs au sein du Forum régional sur les expériences de mise en œuvre des deux programmes et d’élaborer des stratégies fondées sur des recherches empiriques et analytiques, le but étant de faire en sorte que chaque Forum débouche sur des solutions et une feuille de route pratique pouvant aider les pays, en particulier ceux qui ont l’intention de mener des examens nationaux volontaires, à appliquer leur programme de développement », a-t-elle souligné.

Intitulée « Donner des moyens d’action aux populations et assurer l’inclusion et l’égalité », la 5e session du Forum Régional Africain sur le Développement Durable est organisée par le Maroc en collaboration avec la CEA. Cet événement continental africain, dont l’ouverture a été présidée par le chef du gouvernement marocain, Saad Eddine El Otmani, réunit des décideurs et des experts venant de gouvernements et d’organisations intergouvernementales, du secteur privé et d’organisations de la société civile.

Selon les organisateurs, cette session est une étape importante dans le processus de préparation du continent africain au Forum Politique de Haut niveau de 2019, qui s’ouvrira le 8 juillet prochain à New York. Il s’agit d’une plate-forme centrale des Nations unies pour le suivi et l’examen de l’Agenda 2030 pour le développement durable et les ODD adoptés par l’Assemblée générale de l’ONU le 25 septembre 2015.

Le Maroc, en tant que pays hôte, prendra la relève du Sénégal et deviendra le Président du Forum pour une durée d’une année. Dans ce cadre, ce pays devra présenter les recommandations issues de cette session au Forum Politique de Haut niveau en juillet prochain.

Le Forum régional est une plate-forme intergouvernementale mise en place par la CEA, en collaboration avec d’autres organismes du système des Nations unies, la Commission de l’Union africaine et la Banque africaine de développement (BAD). Il se propose d’évaluer les progrès accomplis, d’échanger les expériences dans le domaine du développement durable en Afrique et de formuler des recommandations visant à accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030 au niveau régional.

N.B., avec l’Agence de presse africaine et Xinhua

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