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Assad à Idleb pour affirmer sa volonté d’y remporter la bataille

Le président syrien Bachar al-Assad a fait mardi une visite inédite dans la région d’Idleb (nord-ouest), pour affirmer que le combat contre les jihadistes et les rebelles était une étape essentielle pour parvenir à venir à bout de la guerre qui déchire la Syrie depuis 2011.

« La bataille d’Idleb est fondamentale pour mettre fin au désordre et au terrorisme dans toutes les régions syriennes », a affirmé M. Assad, selon un communiqué de la présidence cité par l’AFP. Le front d’Idleb sépare les rebelles et jihadistes des zones contrôlées par l’armée syrienne soutenue par la Russie.

Il s’agit de la première visite du président syrien depuis le début de la guerre, dans une région qui échappe toujours largement au pouvoir de Damas. Celle-ci fait l’objet d’une trêve annoncée par la Russie fin août. Plusieurs photos du président Assad entouré de soldats syriens dans la localité d’Al-Habit, reprise cet été par l’armée syrienne, ont été publiées sur le site de la présidence et relayées par les médias étatiques, dont le compte Facebook DNN, pro-Assad.

La province d’Idleb et des parties des provinces voisines de Hama, Lattaquié et Alep ont été attaquées sans interruption par l’armée syrienne, soutenue par l’aviation russe, entre fin avril et fin août. Les forces syriennes avaient entamé début août un processus de progression terrestre, s’emparant notamment de la localité d’Al-Habit, avant que la trêve ne suspende ces opérations. Le cessez-le-feu est ponctué de frappes russes sporadiques, qui se sont intensifiées ces derniers jours.

Cette région contrôlée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS) abrite également des groupes rebelles. Elle échappe toujours globalement au régime syrien depuis le début du conflit, malgré ses victoires des deux dernières années qui lui permettent de contrôler aujourd’hui un peu plus de la moitié du territoire.

Des pertes humaines très lourdes

Depuis fin avril, les bombardements des forces syriennes et de Moscou ont tué plus d’un millier de civils dans la région d’Idleb, selon l’Observatoire strien des droits de l’Homme (OSDH). D’après les Nations unies, plus de 400 000 personnes ont été déplacées depuis cette date. Plus de 1700 combattants rebelles et jihadistes ont également péri dans les combats, contre plus de 1400 membres des forces du régime, selon les données de l’OSDH.

Le déplacement du président syrien intervient quelques jours après le déploiement de son armée dans des secteurs du nord-est du pays, appelée à la rescousse par les forces kurdes suite au lancement par Ankara d’une offensive dans cette région, suspendue par une trêve qui doit prendre fin mardi soir. Les zones kurdes, qui s’étendent sur plus de 25 % de la superficie syrienne, échappaient jusque-là au pouvoir syrien qui a plusieurs fois menacé de les reprendre de force.

Le départ récent des troupes américaines du nord-est de la Syrie, longtemps alliées des forces kurdes, a constitué un feu vert de facto à l’offensive turque et accéléré ainsi le rapprochement entre les Kurdes et Damas.

Déclenchée en 2011 par des manifestations, la révolution syrienne, transformée depuis en conflit armé sanglant et impliquant plusieurs Etats, a déjà fait plus de 370 000 morts et plusieurs millions de déplacés.

Avec AFP

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