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FIDA : de meilleures conditions de vie pour 50 000 ménages tunisiens ruraux

Les programmes de développement mis en oeuvre par le Fonds international de développement agricole (FIDA) ont contribué à améliorer les conditions de vie et à réduire la pauvreté dans les zones rurales grâce à des investissements dans la gestion des ressources naturelles et les infrastructures socio-économiques, selon un nouveau rapport présenté aujourd’hui à Tunis.

Le Fonds International de développement agricole (FIDA), institution onusienne spécialisée, vient de publier son rapport d’évaluation sur l’impact de son programme de soutien après quinze années d’exercice en Tunisie. Le rapport, préparé par le Bureau indépendant de l’évaluation du FIDA (IOE), établit ainsi des évaluations de six projets mis en œuvre entre 2003 et 2018 pour un coût total de 248 millions de dollars, dont 105 millions ont été financés par le FIDA. Selon les conclusions du rapport, les efforts déployés dans le cadre de ce vaste projet « ont permis de lutter contre la dégradation des sols sur 35 600 hectares, et développé des infrastructures d’irrigation sur 3 600 hectares de terres agricoles. Environ 167 800 hectares de parcours ont été récupérés grâce à leur mise en repos en accord avec les éleveurs et ayants-droit de ces parcours. De telles interventions, tout en stimulant la productivité agricole et la diversification, contribuent également à augmenter les revenus dans les zones rurales », explique le FIDA dans un communiqué publié aujourd’hui. Celui-ci souligne aussi que le succès des projets a également pu être obtenu grâce à la participation de plusieurs partenaires comme le ministère de l’Agriculture, des instituts de recherche et des organisations à base communautaire, « qui ont tous travaillé ensemble pour trouver des solutions spécifiques au contexte ».

Khalida Bouzar, directrice régionale de la division Proche-Orient, Afrique et Asie centrale du FIDA, a également déclaré sur les ondes de RTCI que les résultats des travaux du Fonds en Tunisie sont globalement positifs : Ces retombées positives, « on essaie de les dupliquer dans d’autres régions », explique-t-elle. « Depuis 40 ans, nous avons financé 13 projets et aidé 125 000 foyers, c’est-à-dire qu’approximativement, 600 000 Tunisiens ont bénéficié de nos programmes de soutien qui ont consisté à réhabiliter des systèmes d’irrigation, amener l’eau potable dans les foyers, construire des routes rurales et favoriser le désenclavement [des zones et des populations rurales]. [Le programme a également contribué à] diversifier la production et augmenter la productivité [des territoires ciblés par les actions du FIDA] ». En général, le mandat de l’organisation du système des Nations unies consiste à « combattre la pauvreté, promouvoir l’approche participative en Tunisie où les populations rurales [ont été invitées à s’impliquer] de la conception à la mise en œuvre des projets », a poursuivi Mme Bouzar. Mais, estime-t-elle, « si on veut des actions durables, il faut que le secteur privé soit partie prenante » des projets de développement, seul moyen selon elle de « réduire les disparités entre le rural et l’urbain et de créer emplois », de préférence en se focalisant sur la mise à contribution des jeunes et l’autonomisation des femmes.

Le rapport du FIDA fait par ailleurs remarquer que le contexte difficile qui s’impose aujourd’hui en Tunisie pourrait limiter la portée des retombées positives enregistrées et mettre un frein aux recommandations formulées par l’organisation onusienne. Parmi les éléments pouvant bloquer les politiques de développement rural : la faible croissance économique, l’endettement endémique de l’Etat et l’absence de stratégie nationale visant à désenclaver les régions rurales.

Défis pour l’avenir

L’évaluation insiste sur la nécessité d’une future collaboration renouvelée entre le FIDA et le gouvernement tunisien en vue de réduire encore plus la pauvreté rurale. Car il faut, selon le Fonds, « faire en sorte que les interventions touchent plus efficacement les plus pauvres et les plus vulnérables, en particulier les agriculteurs, les femmes et les jeunes pauvres ». « Une autre recommandation consiste à minimiser la vulnérabilité des chaînes de valeur agropastorales face aux risques liés au climat et aux marchés », souligne aussi le communiqué.

Le FIDA investit depuis 40 ans dans les populations rurales, en dotant celles-ci des moyens de réduire la pauvreté, d’accroître la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de renforcer la résilience. Depuis 1978, le FIDA a octroyé 20,4 milliards de dollars sous la forme de dons et de prêts à faible taux d’intérêt en faveur de projets qui ont touché quelque 480 millions de personnes.

N.B.

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