Crédit Illustration: Mohamed Hachani

Le Grand Tunis aura encore plus soif en 2023

Les récentes déclarations du PDG de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (Soned), Mosbah Helali sont presque passées sous silence en dépit de leur gravité. Le bouillonnement des conflits et la passe d’armes entre les partis politiques inhérent au remaniement partiel du gouvernement ont vraisemblablement accaparé l’attention de la majorité des citoyens. Le déficit en eau potable pour le Grand Tunis est imminent. Il se fera sentir à partir de 2023.
Intervenant dans le cadre des travaux d’une commission parlementaire mardi tenue le 3 février 2021, le PDG de la Soned a affirmé que le GrandTunis est sous la menace d’un déficit hydrique à partir de 2023. La consommation en eau potable dépassera l’offre d’ici deux ans. Inquiétant à plus d’un titre. Actuellement, les consultations se poursuivent en partenariat avec les organisations, les experts et les ministères concernés autour du développement d’un nouveau projet du « Code des eaux » comportant 132 articles, mais ce n’est pas gagné d’avance.
En effet, l’expert en eau et ancien secrétaire d’Etat au ministère de l’Agriculture, chargé des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Abdallah Rabhi explique que  » la maitrise publique de la gestion de l’eau n’est pas un impératif de gestion mais un impératif politique dans la mesure ou il s’agit de faire des choix, de poursuivre des objectifs parfois contradictoires qu’il faut concilier, ou choisir ».
Abdallah rabhi, n’a eu de cesse de multiplier les alertes quant aux menaces liées au stress hydrique qui guette la Tunisie dans un futur très proche, d’autant plus que la construction des barrages depuis des décennies a été accompagnée par les pertes d’eau, ce qui a, par voie de conséquence, diminué leur capacité. Ajouté à ceci, la hausse du taux de salinité, une surexploitation des nappes phréatiques, la multiplication des puits anarchiques et la défaillance de l’infrastructure hydrauliques, d’où l’extrême urgence d’asseoir une bonne gouvernance des ressources disponibles pour éviter le pire.

Avec 2 643 695 habitants, le Grand Tunis (gouvernorats de Tunis, Ariana, Ben Arous, Manouba) se classe au premier rang des zones les plus peuplées de Tunisie, selon les statistiques établies par l’INS en 2014 (contre 1 683 963 en 1995) . La ville de Tunis figure parmi les plus peuplées en 2015 avec plus de 638 mille habitants. La très grande concentration de la population dans ce district ne fait qu’aggraver encore plus la situation dans les zones urbaines du grand-Tunis et fait planer le doute quant à la possibilité de faire face, comme il se doit, à une grande crise qui se profile à l’horizon.
la Tunisie, rappelons-le est classée parmi les pays exposés à un stress hydrique « élevé » , selon le think-thank World Resources Institute aux côtés des pays du Maghreb, notamment l’Algérie et le Maroc. A bon entendeur…

Samir DRIDI

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