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Le service militaire reste d’actualité dans les pays du Maghreb

Le Maroc a décidé cette semaine de rétablir le service militaire obligatoire, une initiative qui a surpris les observateurs. Tous les jeunes âgés entre 19 et 25 ans seront appelés sous les drapeaux de l’Etat marocain, les garçons comme les filles puisqu’il s’agit d’un service national ‘universel’. Parmi les médias qui ont repris cette information, RFI, qui explique que « toutefois, l’objectif n’est pas vraiment de faire grossir les effectifs des forces armées du Maroc, mais d’améliorer l’intégration dans la vie ‘professionnelle et sociale du pays’. Dans le royaume chérifien, mais aussi chez ses voisins algérien et tunisien, le service est toujours d’actualité même s’il revêt des aspects parfois différents ».

Selon Flavien Bourrat, chercheur sur le Maghreb et le Moyen-Orient à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire à Paris (IRSEM), si le rétablissement du service militaire au Maroc poursuit des objectifs de renforcement de la cohésion nationale et sociale du royaume, il revêt également une composante plus stratégique. « C’est peut-être aussi un moyen d’identifier des jeunes parmi la population qui seraient tentés par le militantisme jihadiste ou qui ont déjà adhéré à cette idéologie », explique-t-il à RFI. Une stratégie de surveillance également mise en place en Tunisie, où tout conscrit doit préalablement passer un entretien avec un membre de l’ARSD (Agence de renseignement et de sécurité pour la Défense). « Il existe par ce biais un filtrage important, qui est peut-être aussi un moyen d’éviter la pénétration de ces éléments [les militants jihadistes] au sein des forces armées. Sur ce sujet, les trois pays [du Maghreb] sont vigilants », précise aussi M. Bourrat. Pour lui, si le service militaire a subsisté en Tunisie après la révolution malgré son impopularité, c’est parce que les premières pertes occasionnées au sein des forces armées par des éléments jihadistes à la frontière algérienne ont suscité la colère de la société civile, au sein de laquelle des voix se sont élevées pour dire que si les forces armées tunisiennes disposaient de troupes professionnelles, ces incidents auraient pu être évités. « Il y a également un aspect pratique à cela, dit également le chercheur. Il s’agit pour la Tunisie de bénéficier de conscrits, d’une main-d’œuvre pléthorique qui permet aux forces professionnelles de se concentrer sur leurs missions de défense. Car il ne faut pas oublier que l’armée tunisienne est une armée de petit format composée de seulement 45 000 hommes. En Tunisie, les conscrits ne représentent que 10% de l’ensemble de l’effectif militaire, contre 33% en Algérie », conclut Flavien Bourrat.

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