Ahmed Ghezal

Témoignage d’Ahmed Ghezal : Une petite administration, de grands desseins

Une diplomatie aux intérêts multiples

Il a fallu pour le jeune Etat tunisien et à sa diplomatie naissante, en cette année particulièrement chargée, faire face à tous ses dangers et à ses défis multiples.

La Tunisie indépendante  devait se heurter à la pauvreté du pays, au manque de moyens et au besoin d’assistance et d’aide de l’extérieur ainsi qu’à la nécessité de renforcer la coopération et les échanges commerciaux, économiques et culturels avec l’étranger. A cet égard, il y a lieu de signaler que la Tunisie a adhéré à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaires International (FMI) en avril 1958.

D’autre part, la Tunisie a mené des négociations avec la France, début juillet, pour retirer le privilège d’émission de la monnaie de la Banque d’Algérie et de Tunisie au profit de la Banque Centrale de Tunisie dont la création devait intervenir à l’occasion du premier anniversaire de la proclamation de la république, le 25 juillet et s’accompagner, dans la foulée, de l’émission du dinar tunisien.

En mettant en place les structures centrales et extérieures  du ministère des affaires étrangères et en définissant ses tâches et ses objectifs, la Tunisie a marqué un intérêt particulier à la diplomatie économique : envoi de missions économiques et commerciales auprès de pays amis, participation aux foires et expositions internationales et même régionales, ainsi qu’à l’Exposition universelle qui se tenait à Bruxelles en 1958 (où la participation tunisienne était conduite  par M. Mohamed Badra, ancien ministre du gouvernement Chenik et futur ambassadeur). Bourguiba aussi en qualité de président du conseil a visité le Ghana  en mars1958 à l’occasion du premier anniversaire de son indépendance et, moins d’un mois après, une délégation économique tunisienne était dépêchée à Accra pour explorer les possibilités de coopération et d’échanges entre les deux pays.

Le service commercial au sein du ministère  fut l’une des cellules les plus actives de l’administration centrale. Tout comme l’étaient, à l’extérieur, les sections  économiques et commerciales au sein des ambassades. La diplomatie tunisienne jouera aussi, par la suite, un important rôle pour assurer le financement des plans de développement de la Tunisie, aux niveau tant bilatéral que multilatéral.

En 1958, furent également conclus des accords commerciaux entre la Tunisie et ces pays : Pologne, Suède, Grande Bretagne, Italie, Turquie, Chine populaire, Norvège, Finlande, Portugal. Ceux-ci venaient  s’ajouter aux accords conclus en 1957 avec le Ghana, la Yougoslavie, l’Egypte, l’URSS, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, l’Espagne et l’Allemagne.

En cette même année ont été, d’autre part  conclus des accords pour l’assistance économique et financière américaine à la Tunisie, ainsi que sur le blé américain  (PL 480) pour la lutte contre le chômage.

Pour une écriture de l’histoire de la diplomatie tunisienne

En conclusion, notre interlocuteur ne cache pas son émotion. Car les défis qui se sont présentés en 1958, la diplomatie tunisienne a su y faire face avec compétence et enthousiasme alors qu’elle faisait ses premiers pas. Très vite, elle a gagné en professionnalisme comme en témoignent les succès qu’elle a réalisés, les victoires qu’elle a obtenues  et son rayonnement dans le monde

En faisant cet effort de mémoire, M.Ahmed Ghezal n’oublie pas en conclusion d’exprimer son souhait, celui de voir les jeunes se pencher sur l’histoire de la politique extérieure de la Tunisie, de son outil, la diplomatie  et des hommes et femmes qui l’ont menée. Cette histoire reste à écrire, ajoute-t-il, en exprimant le vœu  que cette écriture soit fidèle.

(Traduction Raouf Ben Rejeb)

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