60ème anniversaire du Ministère des Affaires étrangères : cinq leçons fondamentales à...

60ème anniversaire du Ministère des Affaires étrangères : cinq leçons fondamentales à retenir

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Depuis le 3 mai 2016 et durant une année, le Ministère des Affaires étrangères a célébré – sans euphorie exagérée et avec le flegme habituel – son soixantième anniversaire à travers des conférences et des débats intéressants et lumineux. Il est temps, au terme d’une année riche en échange de mémoires et de témoignages, de mettre en exergue certaines leçons à retenir. Ces leçons fondamentales peuvent être réunies en cinq points focaux.

1. Depuis sa naissance, la diplomatie tunisienne a été toujours en symbiose avec l’esprit qui anime les relations internationales. Nous sommes donc face à une diplomatie qui a su évoluer avec des « airs du temps » fluctuants, depuis la période de Lutte nationale jusqu’à aujourd’hui – et ce, sans perdre de vue nos principes et nos convictions qui coïncident largement avec les buts et les objectifs des Nations-Unies. Evidemment, il y a eu parfois des erreurs de jugement toujours pardonnables, mais la diplomatie tunisienne – comme toute diplomatie éveillée – a su apprendre de ses erreurs et revisiter à temps certains jugements hâtifs.
2. Les Pères fondateurs de la diplomatie tunisienne ont agi selon deux principes fondamentaux : faire prévaloir l’intérêt national tout en respectant les équilibres géopolitiques globaux. Ainsi, leurs actions étaient animées par une lecture raffinée du monde, lecture parfois visionnaire, malgré la complexité, voire l’imprévisibilité de la scène internationale.
3. La Tunisie soutient les causes justes d’une manière pragmatique en se basant sur le respect de la légalité internationale. A cet égard, l’on pourra dire que la diplomatie tunisienne – contrairement à d’autres diplomaties plus aventureuses – contient en son sein la quintessence même de la philosophie onusienne. Ne pas intervenir dans les affaires internes des Etats (y compris les voisins) tout en cherchant à créer les conditions nécessaires pour une paix juste et globale sont, à cet égard, les deux piliers immuables de notre politique étrangère.
4. Le diplomate tunisien est un « fonctionnaire-créatif ». Il est tout d’abord un fonctionnaire en ce sens qu’il applique la politique étatique en matière étrangère. Il est ensuite, et surtout, un créatif qui cherche à faire élever « la règle du bon sens » pour solutionner les situations les plus difficiles.
5. Il y a d’un côté les Etats ces entités politiques qui meublent le théâtre international, mais il y a aussi « la mémoire des Etats » qui meuble à son tour l’inconscient collectif mondial. La diplomatie tunisienne a une place unique dans cette « mémoire des Etats » dans la mesure où la Tunisie avait pris des positions historiques dans les grandes affaires internationales qui ont fait vibrer le XXe siècle. Cette place « jalousée » dans l’inconscient collectif constitue un capital diplomatique non négligeable qu’il convient aujourd’hui de faire fructifier d’avantage.

A.B.K.

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