anniversaire de l'Indépendance

63ème anniversaire de l’Indépendance: BCE appelle à une large union nationale

Le Président de la République, Béji Caid Essebsi (BCE) a vivement plaidé, dans le discours prononcé au palais de Carthage, à l’occasion du 63ème anniversaire de l’indépendance, pour une large union nationale afin de permettre au pays d’affronter les défis et difficultés qu’il rencontre. Dressant un tableau négatif de la situation économique et sociale, BCE a appelé l’élite politique à s’inspirer de l’attitude des leaders du Néo-Destour, au lendemain de l’indépendance en mars 1956, qui ont opté pour un gouvernement de large union nationale, comprenant des Destouriens de toutes les générations, des syndicalistes et des indépendants.
Afin d’apporter la contradiction aux négationnistes ( en l’occurrence, les radicaux de la gauche et les courants panarabes) qui sèment le doute sur l’existence d’un protocole de l’indépendance régissant les rapports entre la Tunisie indépendante et la France, mettant , ainsi,en question l’indépendance du pays, BCE a cité des paragraphes dudit protocole stipulant explicitement l’abolition du traité du protectorat (1881-1956) et des accords entre la Tunisie et la France de juin 1955 qui ont instauré l’autonomie.
Les Islamistes d’Ennahdha ont eu droit, au cours de ce discours solennel à deux critiques. La première porte sur le caractère civil de l’Etat Tunisien, énoncé de manière claire et explicite dans l’article 2 de la Constitution de janvier 2014 et mis en doute, selon lui, par les responsables nahdhaouis. Commentant cette attitude, BCE clame que les désaccords à ce sujet n’ont pas lieu d’être, et s’ils existent, l’explication doit être recherchée ailleurs. La deuxième critique a trait à l’interprétation de l’article 71 de la Constitution, qui stipule que l’exécutif est exercé par le président de la République et le chef du gouvernement. Il a regretté que le dernier remaniement n’a pas fait l’objet de consultations entre les deux chefs de l’exécutif et que ce choix a été délibérément appuyé par le parti islamiste.
Les divergences entre le Président de la République et le chef du gouvernement ont été également évoquées. Elles se rapportaient à l’évaluation de la situation économique et sociale. BCE voyait tous les indicateurs au rouge, quant à Youssef Chahed, il entrevoyait déjà l’amorce d’une amélioration dans plusieurs secteurs.
Ne désespérant pas du retour de Chahed à sa famille politique d’origine, BCE lui lance un appel, à peine voilé, pour se désolidariser d’Ennahdha. Et comme s’il voulait mettre fin à tout ce cafouillage politique, BCE annonce qu’il dispose d’un projet de révision de la Constitution, qui va certainement dans le sens d’une refonte du régime politique.

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