réouverture du principal point

Accord sur la réouverture du principal point de passage entre la Jordanie et la Syrie

Le principal poste-frontière entre la Syrie et la Jordanie, autrefois l’une des plus grandes plateformes commerciales au Moyen-Orient, a rouvert partiellement lundi 15 octobre 2018 à la suite d’un accord entre Amman et Damas. Ce poste-frontière, appelé Nassib du côté syrien et Jaber du côté jordanien, a été ouvert à 08H00 locales (05H00 GMT) pour laisser entrer en Syrie plusieurs voitures avec des plaques d’immatriculation jordaniennes, a rapporté AFP.

Ce poste était fermé depuis trois ans sur décision de la Jordanie en réponse à une série de pillages survenue dans cette zone instable. En avril 2015, il avait en effet été repris par des rebelles, des combattants de l’Armée syrienne libre (ASL) et du Front Al-Nosra, l’ex-branche syrienne d’al-Qaïda. Sa réouverture a été décidée après la reprise, en juillet 2018, par les forces armées de Bachar al-Assad épaulées par leur allié russe, de la région jouxtant la frontière jordanienne.

Après plusieurs semaines de négociations, des travaux de rénovation et de réhabilitation des routes qui mènent à ce poste-frontière ont commencé afin de rétablir la circulation des passagers et des marchandises entre les deux pays, selon l’agence de presse syrienne Sana.

Une bouffée d’oxygène pour les économies jordanienne, syrienne et libanaise

La réouverture du poste-frontière est essentiellement motivée par des considérations économiques. Sa fermeture avait eu en effet un dur impact sur l’économie jordanienne, alors que les échanges commerciaux par voie terrestre avec la Syrie s’étaient chiffrés à 615 millions de dollars en 2010, explique Reuters. Selon le chercheur Aron Lund, spécialiste de la Syrie, le trafic commercial généré grâce à ce terminal représentait une valeur estimée à 1,5 milliard de dollars par an dans les années qui ont précédé la guerre civile.
L’isolement commercial du royaume hachémite, un pays pauvre en hydrocarbures et très dépendant de l’aide internationale, s’était doublé d’une crise humanitaire et financière sans précédent en raison de l’afflux de centaines de milliers de réfugiés syriens fuyant la guerre civile qui déchire leur pays depuis maintenant sept ans.

Avant sa fermeture, des centaines de camions transitaient tous les jours via la zone franche de ce poste-frontière, transportant les importations et les exportations de la Jordanie et assurant aussi sa connexion avec l’Europe, via la Turquie. « Pour le régime de Bachar al-Assad, la réouverture du poste-frontière de Nassib va également constituer une bouffée d’oxygène. Sept ans après le début du conflit en Syrie, le régime ne contrôle que la moitié des 19 points de passage avec ses voisins, le Liban, la Jordanie, l’Irak et la Turquie », précise aussi Reuters. La décision conjointe des autorités syrienne et jordanienne devrait aussi soulager les agriculteurs et commerçants libanais, dont les exportations commerciales vers les pays du Golfe ont été durement affectées depuis la fermeture de ce terminal stratégique.

Même s’il n’est pas mis en avant, l’objectif politique derrière la décision jordanienne de laisser de nouveau transiter des camions par ce poste-frontière est de procéder à une normalisation des rapports entre Amman et Damas. Le roi Abdallah II de Jordanie, même s’il a un temps appelé au départ de Bachar al-Assad et soutenu certains groupes rebelles, a toujours affiché une préférence pour un règlement politique du conflit syrien, rappelle Reuters.

Selon RFI, les entrepreneurs jordaniens trépignaient d’impatience depuis des mois, voulant exporter à nouveau vers la Syrie, mais aussi vers le Liban et la Turquie. Mais si l’annonce de cette réouverture est une excellente nouvelle pour l’économie jordanienne, Nael Al Husami, le directeur de la Chambre d’industrie d’Amman, se montre plus prudent. « Le gouvernement nous a dit que, au début, les camions jordaniens ne traverseront pas la frontière. Même chose pour les camions syriens. Il faudra décharger et recharger les marchandises d’un camion à l’autre. Cela induit des coûts supplémentaires : 500 à 600 dollars par camion », dit-il. Car les autorités jordaniennes veulent procéder à une inspection des contenus transportés pour des raisons de sécurité et imposent d’ailleurs la même procédure de contrôle des échanges à la frontière entre la Jordanie et l’Irak, frontière qui a rouvert il y a un peu plus d’un an. « Là-bas, les négociants se plaignent de ces inspections et de la manipulation des marchandises. Des procédures qui rendent très difficile le transport des denrées périssables », explique RFI.

N.B., avec agences

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