Affaire du complot russe contre le Monténégro : l’équilibre fragile entre la...

Affaire du complot russe contre le Monténégro : l’équilibre fragile entre la Russie et les forces occidentales

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L’affaire a été dévoilée en premier par le quotidien britannique The Telegraph, qui accuse ouvertement Moscou dans un article paru le 19 février 2017, d’avoir fomenté un coup d’Etat le 16 octobre 2016, jour des législatives.

En effet, le procureur spécial monténégrin Milivoje Katnic a expliqué que cette tentative russe visait à empêcher l’état balkanique de devenir le 29ème membre de l’Otan. A ce propos, il affirme : « Jusqu’à maintenant, nous avons eu des preuves que les structures nationalistes de Russie sont derrière (le complot), mais désormais … (nous pensons que) les organes d’État russes sont impliqués à un certain niveau ».

Dans ce putsch, 25 personnes sont soupçonnés, 15 d’entre eux ont déjà été arrêtées, pour la plupart des nationalistes serbes. Par ailleurs, deux russes sont toujours demandés par la justice locale, il s’agit d’Edouard Sismakov, ancien adjoint de l’attaché militaire russe en Pologne et de Vladimir Nikolaïevitch Popov, sur qui le Monténégro a très peu d’informations.
Edouard Sismakov aurait selon cette théorie opérait sous un faux nom, celui d’Edouard Shirokov.

Concernant le déroulement du coup d’Etat, les comploteurs auraient prévu de pénétrer de force le parlement monténégrin le jour des élections législatives, proclamer la victoire de l’opposition prorusse et aller s’il le faut jusqu’à assassiner le Premier Ministre Milo Djukanovic.

En parlant de l’enquête qui avait mené à ces conclusions, Katnic a déclaré : « Les services de renseignement des pays amis en Europe, et notamment des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, ont aidé le Monténégro ». Jusqu’au là, quatre accusés serbes ont plaidé coupable, un cinquième, Aleksandar Sindjelic, a été dépeint par le parquet comme « un témoin crucial ». Toutefois, les deux députés de l’opposition prorusse Andrija Mandic et Milan Knezevic ont nié tout en bloc.

Bien évidemment, cette accusation n’est pas passé inaperçue en Russie. De grandes personnalités de la diplomatie russe et à leur tête le Ministre des Affaires Etrangères, ont déploré le contenu de l’article. Dmitri Peskov, porte-parole du président Vladimir Poutine, a déclaré : «Nous déplorons que de hauts responsables monténégrins prononcent telles accusations. Ce sont des propos trop sérieux pour les tenir et ne pas les étayer par aucun élément crédible. C’est à tout le moins irresponsable ».
Sergueï Lavrov a quant à lui considéré d’ « infondés » ces accusations. De même l’ambassade de Russie à Londres a décrit l’article comme un «recyclage d’informations» ayant pour but d’«alimenter les tensions». Sur twitter, la mission russe en Grande-Bretagne a noté : «Comme toujours, aucune preuve, pures insinuations». La presse russe a de son côté considéré comme farfelue la théorie du complot, en ajoutant que la Russie commence à avoir l’habitude de ce genre de postulat de la part de la presse occidentale, à l’instar de son accusation «des cybers attaques contre l’ensemble de l’Occident, des ingérences dans les campagnes électorales de nombreux pays occidentaux, des liens entre l’administration Trump et les services spéciaux russes etc.».
L’affaire relance le débat sur la fragilité des rapports Russie-Occident, elle trahit un équilibre peu solide et une divergence d’intérêts dans la région, d’où les accusations mutuelles d’interventions dans les affaires d’autres nations. Cependant, comme c’est le cas souvent, aussi graves soient-elles, elles n’impliquent aucunement des mesures radicales et, quand la table des négociations les réunit, tout le monde s’avère partant.

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