Photo : Habib M’henni / Wikimedia Commons

Agression de Lina Ben Mhenni : deux policiers condamnés par contumace

Le tribunal de première instance de Médenine a condamné vendredi par contumace deux policiers à un an de prison pour l’agression de feue Lina Ben Mhenni en 2014, a déclaré le vice-président de l’Organisation mondiale contre la torture en Tunisie (OMCT) Mokhtar Trifi.

S’exprimant lors d’une conférence de presse organisée par des organisations de défense des droits de l’homme à l’occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, M. Trifi a noté que les procès qui concernent des cas de torture et de violence tortionnaire impliquant des policiers ou des gardiens de prison « prenaient du temps ». Dans la plupart des situations, « ces cas ne sont pas jugés », a-t-il souligné.

« Quoi qu’il en soit, la condamnation dans cette affaire a été obtenue et la procédure civile a été acceptée », a-t-il dit, ajoutant toutefois que le jugement pouvait faire l’objet d’un appel.

Frappée au visage par des agents des forces de l’ordre

Pour rappel, la cyberdissidente et militante pour les droits humains Lina Ben Mhenni, décédée le 27 janvier, a été agressée par des agents des forces de l’ordre le 30 août 2014 alors qu’elle était accompagnée de sa famille et d’un agent d’escorte, recruté en raison d’un grand nombre de menaces de mort proférées à son encontre.

Alors qu’elle se trouvait à l’intérieur de son véhicule stationné aux abords d’un quartier de Djerba, elle a été contrainte par la force par quatre agents de sortir de son véhicule, puis conduite violemment à l’intérieur d’un poste de police. Une fois à l’intérieur, une dizaine d’agents en fonction « portèrent atteinte à son intégrité physique en la frappant au visage puis en lui donnant des coups de pieds alors qu’elle se trouvait au sol », rappelle l’Organisation mondiale de lutte contre la torture en Tunisie. Son père Sadok Ben Mhenni a été lui aussi agressé physiquement et sa mère et l’agent de sécurité qui l’accompagnait violemment insultés. « Seule l’arrivée du chef de district a permis de rétablir la situation et de mettre fin à l’agression », indique aussi l’OMCT.

L’activiste et son père ont alors déposé une plainte en présence du président de la section de Djerba de la LTDH et de leur avocat Me Kais Rouis, afin qu’une enquête judiciaire soit ouverte.

N.B., avec TAP

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