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Allocution de M.Tahar Sioud, président de l’Association des anciens Ambassadeurs et Consuls généraux

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Allocution de M.Tahar Sioud, président de l’Association des anciens Ambassadeurs et Consuls généraux à l’ouverture du Colloque tenu le 12 décembre à la Bibliothèque nationale en collaboration avec l’Association des anciens Officiers de l’Armée nationale.

 

 

Monsieur le Président de l’Association des anciens Officiers de l’Armée Nationale, Colonel Major Mahmoud Mzoughi,

Excellences

Messieurs les Ambassadeurs,

Messieurs les officiers, Mesdames et Messieurs

 

Je suis particulièrement heureux d’être aujourd’hui parmi vous pour participer à ce premier colloque que nous organisons en commun, votre association et la nôtre, dans le cadre d’une coopération future entre les deux associations.

Je voudrais saluer et remercier tous ceux qui vont animer ce séminaire et contribuer ainsi à enrichir le débat sur une question d’actualité et un sujet marquant de la scène internationale et qui plus est, intéresse notre pays au plus haut degré.

La pertinence du thème de notre séminaire réside sans doute dans la façon d’interpeller dès le départ. La réflexion sur le positionnement stratégique dans le monde et l’internationalisation de l’Affaire syrienne en évoquant les enjeux qu’elle pose et les multiples dimensions qu’elle suscite.

Mesdames, Messieurs,

L’opportunité qui m’est offerte de prendre part à ce séminaire, à l’ouverture de ses travaux, me conduit à vous proposer quelques remarques introductives qui à mon sens touchent à la thématique centrale de ce séminaire, Quid du nouvel ordre régional Arabe ? En fait nous sommes tous en quelque sorte inquiets sur le sort que connaitra le monde arabe dans l’avenir et il est important aujourd’hui de réfléchir aux nouveaux contours de cet ordre politique et régional Arabe. Toutefois on ne pourra pas le faire sans tenir compte de l’évolution récente des relations internationales. Vous le savez ou doit-je vous le rappeler, nous vivions il y a quelques temps déjà un ordre bipolaire où la dissuasion nucléaire était la seule approche possible pour maintenir la paix et la stabilité dans le monde.

Après l’effondrement du camp soviétique on a vu apparaître une polarité fondée sur un leadership américain et une alliance « civilisationnelle » objective avec l’Europe.

Cette nouvelle configuration a fait long feu et n’a pas durer, elle a évoluée avec les pays émergents «BRICS » qui ont amené le « Monde » vers une sorte de Multipolarité. Celle-ci aussi a vécu puisqu’il y a eu des bouleversements radicaux dans tous les ordres régionaux dans le cadre des relations internationales et je peux même affirmer qu’aucune région n’a été épargnée par les changements politiques :

En Europe qui peut nier les aspirations germaniques de l’Allemagne ou les questionnements sur l’Europe en Grande Bretagne ?

En Amérique Latine qui peut nier et ignorer ce qui se passe au Brésil ?

Ailleurs qui peut nier la compétition entre la Chine, le Japon et l’Inde. Peut-être pas pour maitriser politiquement le Monde mais pour avoir des entrées importantes sur les approvisionnements en matières premières.

L’Afrique elle-même n’est pas épargnée avec l’incursion du phénomène terroriste (Boko+Mali) et les déstabilisations et les remises en cause voire surtout l’incapacité de certaines puissances régionales comme le Nigéria à intervenir.

Le Monde Arabe, comme vous le savez, n’a pas échappé à ces changements. Il n’a pas été précurseur mais il a eu un changement de système voire de régime politique et cela a eu inéluctablement un impact sur les relations internationales voire même sur l’équilibre stratégique mondial.

Cette conséquence à la fois déstabilisatrice et déstructurante permet à des Etats sans poids géopolitique de jouer un rôle prépondérant.

En outre l’humanité perd son centre de gravité et vit au rythme de l’instantané, sans repères. C’est une banalisation de la mort, de la déstabilisation, de la guerre, c’est un monde qui ne réagit plus.

Il est vrai que l’utilisation d’Etats relais pour en déstabiliser d’autres est une méthode classique de changement de régimes politique dans les relations internationales. Ce qui est nouveau c’est le rôle qui leur est dévolu après coup la mise en rapport directe avec les populations « LIBEREES »

Le point commun de ces Etats, c’est leurs importantes forces de frappe et leurs capacités de nuisance surtout quand il s’agit de détruire.

Mais de toute façon leur impact sur notre avenir sera limité d’abord parce qu’ils sont loin d’être des modèles et ensuite parce qu’ils ne sont pas des puissances dans le sens plein du terme. Bien sûr, ils essaient d’interférer dans certains pays du « printemps Arabe » mais à mon avis leur influence sera éphémère et eux-mêmes seront sous peu victimes d’une politique planifiée ailleurs et dont ils seront eux aussi les dindons de la farce.

Ma Conclusion c’est que quand on est un défenseur et un soutien de la démocratie on devrait commencer d’abord à l’instaurer chez soi.

Merci de votre attention

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