Amazonie : le Brésil refuse l’aide du G7 et dit que les feux sont « sous contrôle »

Le Brésil a opposé dans la nuit de lundi à mardi une fin de non-recevoir à l’aide d’urgence proposée par les Etats du G7, et affirmé que les incendies en Amazonie, qui ont encore progressé en ce début de semaine, étaient « sous contrôle ».

Onyx Lorenzoni, le chef de cabinet du président brésilien Jair Bolsonaro, a annoncé le rejet de l’aide par son pays en écrivant sur le site G1 : « Nous remercions le G7 pour son offre d’aide, mais ces moyens seront peut-être plus pertinents pour la reforestation de l’Europe. » « Macron n’arrive même pas à éviter un incendie prévisible dans une église qui fait partie du patrimoine mondial de l’humanité, et il veut nous donner des leçons pour notre pays ? », a également lancé M. Lorenzoni dans une allusion à l’incendie qui a touché la cathédrale Notre Dame de Paris le 15 avril dernier.

Echanges musclés entre Bolsonaro et Macron

Jair Bolsonaro avait déjà fait état du rejet de cette aide en tweetant le 26 août : « Nous ne pouvons accepter qu’un président, Macron, lance des attaques déplacées et gratuites contre l’Amazonie, ni qu’il déguise ses intentions derrière l’idée d’une « alliance » de pays du G7 pour « sauver » l’Amazonie, comme si c’était une colonie. » « Le respect de la souveraineté de quelque pays que ce soit est le minimum qu’on puisse attendre dans un monde civilisé », avait-il ajouté, après plusieurs jours d’échanges musclés entre les deux chefs d’Etat.

Les sept pays les plus industrialisés, réunis à Biarritz, dans le sud-ouest de la France, avaient promis de débloquer d’urgence 20 millions de dollars pour envoyer des avions bombardiers d’eau supplémentaires. Le G7 est tombé d’accord pour un plan d’aide « d’au moins 30 millions » de dollars, a ensuite précisé M. Macron, destiné à la reforestation, au niveau de l’ONU, qui doit être finalisé au cours de l’Assemblée générale des Nations unies fin septembre.

Situation « un peu exagérée »

Dimanche, M. Macron avait par ailleurs déploré les propos « extraordinairement irrespectueux » du dirigeant brésilien à l’encontre de son épouse Brigitte, disant espérer « très rapidement » que les Brésiliens « auront un président qui se comporte à la hauteur ».

A la veille du G7, M. Macron avait accusé M. Bolsonaro de lui avoir « menti » sur ses engagements dans le domaine de l’écologie et annoncé que la France s’opposait désormais à l’accord controversé de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, un groupe de pays sud-américains dont le Brésil fait partie.

Lundi, le ministre brésilien de la Défense a assuré que les incendies en Amazonie étaient « sous contrôle », suite au déploiement de plus de 2500 militaires. La situation « a été un peu exagérée », a ajouté Fernando Azevedo e Silva, qui a affirmé devant des journalistes à la sortie d’une réunion avec Jair Bolsonaro que le Brésil avait connu certaines années des « pics d’incendies beaucoup plus graves ».

L’Amazonie, dont 60 % de la surface se trouve au Brésil, s’étend aussi en Bolivie, Colombie, Equateur, Guyane française, Guyana, Pérou, Surinam et Venezuela.

Avec AFP

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