Angela Merkel annonce une nouvelle ère pour l’Europe au moment où les...

Angela Merkel annonce une nouvelle ère pour l’Europe au moment où les Etats-Unis sous Trump prennent leurs distances avec le vieux continent

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La chancelière allemande, Angela Merkel, a fait l’allusion la plus marquante concernant une séparation évidente entre l’Europe et les États-Unis sous le président Donald Trump, affirmant que les relations fiables forgées depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale « sont dans une certaine mesure dépassées ».

Merkel, lors d’un rassemblement dans le cadre de sa campagne a souligné que les sommets du Groupe des sept et de l’OTAN de la semaine dernière renforceront l’Union européenne avec un programme mondial qui s’oppose à Trump dans les domaines clés. Elle a reçu le Premier Ministre indien Narendra Modi lundi et a accueilli jeudi son homologue chinois, Li Keqiang. Elle cherche également à consolider les liens germano-français avec le président pro-européen nouvellement élu, Emmanuel Macron.

La leader de la plus grande économie d’Europe a offert un aperçu de sa vision du monde après que Trump ait conclu un voyage étranger de neuf jours au cours duquel il a reproché aux alliés de l’OTAN de n’avoir pas assez dépensé pour la défense, a qualifié l’excédent commercial de l’Allemagne de «très mauvais» et a amené les États-Unis à se retirer de l’accord climatique mondial de Paris.
« Les temps où nous pouvions compter sur d’autres sont dans une certaine mesure dépassés – j’ai réalisé cela ces derniers jours », a déclaré Merkel à des supporters à Munich dimanche, un jour après la fin de la réunion du G-7. « Nous, Européens, devons vraiment prendre notre destinée dans nos propres mains ». Elle a par la suite ajouté : « Bien sûr, nous devons avoir des relations amicales avec les États-Unis, le Royaume-Uni, et d’autres voisins, y compris la Russie… nous devons nous battre pour notre propre avenir ».

« Merkel parlait comme une transatlantiste profondément engagée », a déclaré son porte-parole principal Steffen Seibert aux journalistes à Berlin lundi dernier. Selon lui, elle a « Fait remarquer honnêtement les différences…, précisément parce que les relations transatlantiques sont très importantes ».

Merkel a rencontré ses supporteurs sous une tente où la bière a été servie, mise en place par ses alliés bavarois en préparation aux élections de septembre. Avant cela, elle accueillera en juillet le sommet du G-20 à Hambourg.
En course pour son quatrième mandat, Merkel, âgé de 62 ans, brandit sa bière après s’être montrée comme défenseuse de la stabilité mondiale. Elle a cité les victoires électorales sur les mouvements nationalistes en France et aux Pays-Bas comme preuve du dépassement des électeurs de l’UE d’une crise populiste.

Sur Twitter, Richard Haass, président du Conseil des relations extérieures des États-Unis, a qualifié la position de Merkel favorable au scénario «que les États-Unis ont cherché à éviter» depuis la Seconde guerre mondiale.
Dans une interview accordée à Bloomber Television, Burkhard Varnholt, chef adjoint des investissement Chez Suisse Groupe, a déclaré que face à un monde de plus en plus imprévisible, « les Européens peuvent maintenant «se rapprocher et répondre à ce qui leur manque depuis longtemps, à savoir la réforme institutionnelle et la voie à suivre pour l’Union européenne et la zone euro en particulier».
Trump a rejeté l’engagement dans le traité climatique de Paris au week-end que Merkel a considéré à son tour de «très insatisfaisant». Après sa première rencontre avec Trump à Washington en mars, la chancelière a peiné à trouver un terrain d’entente avec son nouvel homologue américain.

Le 25 mai 2017, Trump a indiqué que les leaders de l’alliance « ne payent pas ce qu’ils devraient » après l’intervention de Merkel qui a assuré son engagement pour payer l’équivalent de 2% de sa production économique sur la défense d’ici 2024.
Concernant la position de Trump des changements climatiques, les responsables européens se sont préparés à une sortie américaine possible du premier accord international qui met l’accent sur la limitation du réchauffement climatique – un accord mis en place en 2015 par près de 200 pays et fortement soutenu par Merkel. Cela constitue un autre point crucial où les positions américaines et européennes divergent.
Pour rappel, les relations entre l’Allemagne et les États-Unis ont été tendues entre 2002 et 2003 quand le chancelier Gerhard Schroeder a refusé de soutenir l’invasion américaine de l’Irak sous le président George W. Bush. Aujourd’hui, Merkel a signalé une division transatlantique plus large entre l’Europe et les USA. Sa position claire lui a valu les applaudissements des supporteurs à Munich qui croient en le combat européen pour tracer sa propre route.

Les points de vue de Merkel sur la politique étrangère de son pays sont doublement importants pour l’avenir de l’Europe et de l’Allemagne surtout à quelques mois des élections. Par ailleurs, elle peut compter sur le premier ministre bavarois Horst Seehofer, qui dirige la CSU et qui a partagé la scène avec Merkel en louant sa «présentation excellente de notre patrie» à l’étranger.

N.B

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