Un artiste tunisien introduit un message caché en graffitis dans son œuvre...

Un artiste tunisien introduit un message caché en graffitis dans son œuvre d’art murale à Montréal

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À l’arrière d’un parking de Ste-Dominique se trouve une pièce d’art de rue immense qui couvre un mur noir de graffitis qui s’apparentent à une écriture ancienne, à des calligraphies ou à des symboles.

En effet, du premier coup d’œil, il est difficile de déterminer la nature et l’origine des transcriptions. Il se trouve que c’est exactement l’effet recherché par l’artiste créateur de la pièce, le tunisien Karim Jabbari. Selon Montreal.ctvnews.ca, l’artiste voulait pousser les gens à réflechir, en voyant son œuvre. Il a confié: « Je voulais que ce mur ressemble à un morceau d’une ancienne écriture, comme un manuscrit perdu… Les gens peuvent y voir des lettres en arabe, des nombres romains, ou encore d’anciens hiéroglyphes égyptiens ».

En réalité, l’œuvre transcrit de manière artistique, en lettres cuivrées, les vers d’un poète tunisien, critique envers les personnes qui ont tendance à juger les autres, surtout pour leur apparence. Jabbari explique : « Il se mettait à leur place, en disant:J’aimerais bien comprendre l’univers, mais parfois, je ne peux me comprendre moi-même ».

Il souligne ainsi la prétention de l’homme à tout comprendre, ce qui le pousse au fils du temps à catégoriser, juger, délimiter et classer les autres sans réfléchir, à partir de constats hâtifs.

Dans ce contexte, Shirley Steinberg, professeure de l’Université de Calgary spécialisée dans la jeunesse et l’islamophobie, a déclaré qu’elle croit que les Montréalais devraient être fiers du message de la peinture murale.

Elle a déclaré : « Nous devons être très conscients du fait qu’il y a quelques années seulement, des discours dans toute la province incitaient à interdire quelque chose d’aussi simple que le hijab »,en ajoutant: « maintenant, nous avons un artiste graphique très important qui s’est révélé ».

Pour rappel, la peinture murale a été créée dans le cadre du festival annuel de graffitis « Under Pressure », qui se traduit en français par « Sous pression ». L’œuvre a pris Jabbari trois jours pour être finalisée. Jabbari a enfin indiqué que le message tend à rappeler à chacun son humanité innée, avec ses atouts et ses limites. Il conclue : « Si vous me cherchez, vous me trouverez au-delà de la haine ».

N.B

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