Assassinat à Ankara de l’ambassadeur russe en Turquie

Assassinat à Ankara de l’ambassadeur russe en Turquie

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L’ambassadeur de Russie en Turquie, Andreï Karlov, a été assassiné lundi à Ankara par un policier turc, qui a fait référence à une vengeance en relation avec le drame de la ville d’Alep, ville du nord de la Syrie en passe de tomber aux mains du régime syrien soutenu par Moscou. Le diplomate Andreï Karlov, né en 1954, et nommé au poste d’ambassadeur en juillet 2013 a été mortellement touché de plusieurs balles alors qu’il prononçait une allocution lors de l’inauguration d’une exposition d’art dans la capitale turque. Trois autres personnes auraient par ailleurs été blessées dans cette attaque, selon les médias turcs. L’assaillant aurait été « neutralisé » par les forces de l’ordre, et selon le maire d’Ankara, Melih Gökçek, il s’agirait d’un policier. Une vidéo de la scène, encore non authentifiée, circule sur les réseaux sociaux. On peut y voir et entendre l’assaillant, un doigt levé vers le ciel, tenir ces propos, d’abord en arabe avec un accent marqué, puis en turc : « Allah Akbar » Dieu est grand, n’oubliez pas Alep. Ceci est notre vengeance! On meurt à Alep, vous mourez ici. » Cet attentat survient à un moment où les relations entre la Turquie et la Russie connaissent une embellie, depuis plusieurs mois. Les deux pays avaient connus une grave crise diplomatique en novembre 2015, née de la destruction d’un avion militaire russe, par l’aviation turque, au-dessus de la frontière syro-turque. Depuis septembre 2015, la Russie est un allié clé du régime de Damas. Elle est notamment intervenue par des raids aériens, en soutien au régime de Bachar el-Assad pour reprendre Alep, la deuxième ville de Syrie. La Turquie, elle, soutient les rebelles qui cherchent à renverser le président syrien. A Moscou, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a dénoncé « un acte terroriste » en annonçant que l’ambassadeur avait succombé à ses blessures. « Les assassins seront punis », a-t-elle assuré. Les Etats-Unis « condamnent » l’attaque, a fait savoir le département d’Etat dans la foulée. L’Union européenne a aussi dénoncé l’attaque, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini s’est dite « profondément choquée » François Hollande, a quant à lui condamné « avec force » cet assassinat, d’après un communiqué de l’Elysée. De son côté, la Syrie, pays allié de la Russie, a vivement condamné ce « crime abominable ». Par ailleurs, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que le président Vladimir Poutine avait été « informé » de l’attaque. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et les chefs des services secrets russes devraient rendre au chef de l’Etat un rapport sur cette attaque. Le ministère turc des Affaires étrangères a de son côté affirmé qu’Ankara tâcherait de préserver l' »amitié » turco-russe après cet assassinat. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé son homologue russe Vladimir Poutine pour « lui donner des informations sur l’attaque », a indiqué le porte-parole du chef de l’Etat turc. C’est d’ailleurs à la faveur d’un accord de cessez-le-feu avalisé par la Turquie et la Russie que les quartiers rebelles d’Alep sont évacués depuis jeudi, une opération à l’issue de laquelle le régime pourra reprendre le contrôle de toute la ville. Une réunion axée sur le dossier syrien était d’ailleurs prévue pour mardi à Moscou entre les chefs des diplomaties russe, turque et iranienne.

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