Attentat du Bardo

Attentat du Bardo : “La Tunisie n’a pas su nous protéger”, déplore une survivante

Blessée par balles lors de l’attentat du Bardo de 2015, la rescapée Françoise Thauvin, qui a perdu sa mère lors de cette attaque terroriste sanglante, s’est confiée au journal français Le Parisien, auquel elle a notamment dit regretter l’existence de “failles” dans la sécurité du musée de Tunis.

Mme Thauvin déplore ainsi de “graves failles” dans la sécurité du musée de Tunis alors que le procès s’ouvre, ce mardi, en Tunisie. « Françoise Thauvin a beaucoup hésité. Cette rescapée de l’attaque du musée du Bardo, à Tunis, où sa mère Huguette Dupeu, 74 ans, a perdu la vie, fera finalement le trajet d’Orléans à Paris, où le procès qui s’ouvre ce mardi à Tunis doit être retransmis en visioconférence », écrit le journal français. « Je ne voulais pas y aller, mon médecin me le déconseillait, mais après, je me suis dit que j’allais le regretter. Je vais faire cet effort », a-t-elle dit au Parisien.

Cette femme de 58 ans n’attend cependant pas grand-chose de ce premier jour d’audience, tant elle se dit déçue par l’attitude des autorités françaises et tunisiennes. « Nous espérions un soutien qui n’est pas venu. C’est douloureux, parce qu’au nom de la bonne entente avec la Tunisie, nous, les victimes, sommes sacrifiées », estime-t-elle. Parmi les questions qui hantent cette Française, qui souhaiterait les voir discutées lors du procès, figure celle, délicate, de la sécurité du musée du Bardo. « La Tunisie se devait de protéger les touristes qui venaient visiter leur pays. Elle n’a pas été capable de le faire. « Quand nous sommes entrées dans le musée, les gardiens qui auraient dû l’être n’étaient pas là. Et pourquoi avons-nous attendu plus de deux heures et demie pour être sauvés ? Des gens blessés s’en seraient peut-être sortis si les secours avaient été plus rapides… Ces sujets-là vont-ils être abordés ? Je ne me fais pas d’illusion. »

« Je ne sors plus comme j’aimerais sortir »

Plus de trois ans et demi après cette violente attaque terroriste qui a profondément bouleversé la Tunisie, le traumatisme des rescapés reste vif. « Quand vous traversez ce genre de choses, vous avez beaucoup de méfiance envers tout ce qui vous entoure. Vous vivez comme un ours dans votre tanière… Avec le temps, vous parvenez à gérer vos émotions. Je ne sors plus comme j’aimerais sortir même si j’arrive à gérer mon quotidien le mieux possible », explique-t-elle. Françoise Thauvin explique qu’elle ne peut même plus prendre les transports en commun. Elle fera le trajet vers Paris en taxi, avec son amie, également rescapée et blessée. « Je me dois d’y aller pour ma mère. Je me bats plus pour elle aujourd’hui que pour moi. »

N.B.

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