Des Soudanais manifestent le 20 avril 2019 devant le QG de l'armée à Khartoum pour réclamer un transfert du pouvoir à une autorité civile. Photo : Ebrahim Hamid / AFP

Au Soudan, dissolution du parti d’Al-Bachir

Omar Al-Bachir, ancien président soudanais qui a dirigé le pays pendant près de trente ans avant d’être destitué en avril, est actuellement emprisonné, dans l’attente de son procès pour corruption.

Les responsables de l’autorité de transition soudanaise ont ordonné, jeudi 28 novembre, la dissolution du parti du président destitué Omar Al-Bachir et le « démantèlement » de son régime, qui a « régné sans partage pendant près de trente ans », indique l’AFP.

« Le Parti du Congrès national est dissous » et tous ses biens sont confisqués, proclame une loi intitulée « démantèlement du régime du 30 juin 1989 » adoptée par le nouveau Conseil souverain au pouvoir et par le gouvernement du premier ministre, Abdallah Hamdok. « Aucun symbole du régime ou du parti n’est autorisé à s’engager dans quelque activité politique que ce soit pendant dix ans », ajoute le texte.

Omar Al-Bachir était arrivé au pouvoir en 1989 grâce à un coup d’Etat soutenu par les islamistes. Destitué par l’armée le 11 avril après des mois d’un mouvement inédit de contestation populaire, il est actuellement incarcéré à Khartoum. Le verdict de son procès pour corruption est attendu le 14 décembre.

Les militaires qui avaient pris le pouvoir après la destitution de M. Al-Bachir ont toutefois refusé de le livrer à la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye. Celle-ci accuse le chef de l’Etat déchu de « crimes contre l’humanité » et de « génocide » au Darfour.

Abrogation d’une loi sur l’ordre public

La dissolution de son parti ne constitue « pas une vengeance », a affirmé M. Hamdok sur Twitter. Elle « vise à préserver la dignité du peuple soudanais, qui a été écrasé par des gens indignes », a martelé le premier ministre.

Cette mesure « constitue un grand pas en avant vers les objectifs de la révolution et sur le chemin de la construction d’un Etat civil démocratique », s’est pour sa part félicitée dans un message publiée sur Twitter l’Association des professionnels du Soudan (SPA), le mouvement à l’origine des protestations qui avaient précipité la chute du gouvernement de M. Al-Bachir.

Le Conseil souverain a également approuvé jeudi l’abrogation d’une loi régissant l’ordre public, en vertu de laquelle « des milliers de Soudanaises ont été condamnées au fouet, à des peines d’emprisonnement ou à de lourdes amendes pour ‘tenue indécente’ – comme le simple port du pantalon – ou pour avoir fait la fête », rappelle le quotidien français Le Monde. Réagissant à la décision du gouvernement soudanais d’abroger ce dispositif juridique, Seif Magango, directeur adjoint d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est, a déclaré : « C’est un grand pas en avant pour les droits des femmes au Soudan », dans un communiqué de l’organisation de défense des droits humains. Pour M. Magango, l’abrogation des lois sur l’ordre public se faisait attendre depuis longtemps. « De nombreuses femmes ont été arrêtées arbitrairement, battues et privées de leurs droits à la liberté d’association et d’expression en vertu de cette loi discriminatoire », a-t-il ajouté.

Avec Le Monde et AFP

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