La loi d'abolition de la peine de mort doit être promulguée par le président Idriss Déby. Photo : AFP

Au Tchad, les députés votent l’abolition de la peine de mort

Le Parlement tchadien a voté le 28 avril 2020 l’abolition de la peine de mort, qui était autorisée jusqu’ici pour les actes de terrorisme. Ce pays sahélien se trouve en effet sous la menace de groupes jihadistes qui multiplient les attaques à l’ouest. La loi d’abrogation de la peine de mort doit encore être promulguée par le président Idriss Déby.

« Les députés ont voté à l’unanimité l’abolition de la peine de mort pour les actes de terrorisme », a déclaré le ministre Djimet Arabi, à l’origine de ce projet de loi. Présentée en Conseil des ministres il y a six mois, cette réforme juridique a ensuite été soumise à l’Assemblée, qui l’a adoptée. Le président Idriss Déby Itno, qui doit encore promulguer la mesure pour son entrée en vigueur, dispose d’une écrasante majorité à l’Assemblée.

Harmonisation

En 2016, le Tchad avait déjà adopté une réforme du Code pénal pour abroger la peine capitale, sauf pour les personnes condamnées pour des faits de terrorisme. La mesure a pour but « d’harmoniser notre législation contre le terrorisme avec celles de tous les pays du G5-Sahel qui ne prévoient pas la peine de mort pour les actes de terrorisme », a précisé le ministre de la Justice. Le G5 Sahel est une organisation régionale qui regroupe la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. Outre le Burkina Faso qui a aboli la peine de mort, elle est toujours autorisée dans les autres pays même si elle n’est plus appliquée depuis des années, comme le rappelle Africtelegraph.

Franceinfo rappelle qu’au Tchad, la dernière exécution de prisonniers condamnés à la peine capitale remonte à août 2015. Dix membres présumés du groupe jihadiste Boko Haram jugés pour leur participation à un double attentat suicide dans la capitale du pays avaient été fusillés. « Nous saluons cette décision d’abolir la peine de mort par le législateur tchadien. La logique de tuer un homme pour le punir d’avoir lui-même enlevé la vie à un autre est absurde », s’est félicité Jean Bosco Manga, fondateur du Mouvement pour la préservation des libertés au Tchad.

L’insurrection de Boko Haram a tué 36 000 personnes et déplacé près de deux millions de personnes dans le nord-est du Nigéria depuis 2009, selon l’ONU. Quatre-vingt-douze soldats tchadiens ont été tués le mois dernier lors de l’attaque la plus meurtrière jamais menée par des jihadistes de Boko Haram contre les forces armées du pays.

N.B., avec AFP, Franceinfo et Africtelegraph

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