Australie

L’Australie envisage de transférer son ambassade en Israël à Jérusalem

Le premier ministre australien Scott Morrison a déclaré mardi qu’il était « ouvert » à des propositions de reconnaissance formelle de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, faisant de l’Australie un pays prêt à envisager de transférer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Une décision qui a provoqué un véritable tollé diplomatique.

M. Morrison a convoqué une conférence de presse pour déclarer qu’il était « ouvert » à des propositions de reconnaissance formelle de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël et de transfert de l’ambassade d’Australie dans la ville sainte. Une mesure qui constituerait une rupture avec la politique des précédents gouvernements australiens successifs, alignée sur le consensus international prévoyant que le statut de la ville sainte ne saurait être défini autrement qu’à l’issue de négociations de paix entre les deux parties.

« Peu de progrès ont été réalisés »

« Nous sommes engagés envers une solution à deux Etats, mais franchement ça ne se passe très bien, peu de progrès ont été réalisés, et il ne faut pas continuer à faire la même chose et s’attendre à des résultats différents », a expliqué M. Morrison. Celui-ci a donc jugé « sensées » et « convaincantes » les propositions de reconnaître Jérusalem comme capitale et de déplacer l’ambassade, sans préciser l’origine de ces propositions, et a indiqué qu’elles allaient être étudiées par le gouvernement australien.

Opération séduction

Cette annonce inattendue intervient quelques jours avant une élection législative partielle qui doit avoir lieu dans une circonscription de Syndey qui abrite une forte population juive. Le candidat du Parti libéral de M. Morrison, un ancien ambassadeur d’Australie en Israël, est en retard dans les intentions de vote selon des sondages.

Une défaite à cette élection législative coûterait la maigre majorité détenue au Parlement par le Parti libéral. M. Morrison est devenu chef du gouvernement en août après que les plus conservateurs du Parti libéral ont évincé de ce poste Malcom Turnbull, une personnalité plus modérée de cette famille politique. A l’époque du transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, le gouvernement dirigé par M. Turnbull s’était montré critique à l’encontre de la décision américaine, estimant qu’elle ne contribuait pas au maintien du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Ce revirement apparaît donc comme une tentative opportuniste de glaner des voix aux prochaines élections. Une porte-parole du Parti travailliste, Penny Wong, a ainsi accusé M. Morrison de vouloir attirer des électeurs supplémentaires. Avec cette annonce, Scott Morrison démontre qu’il est « si désespérément accroché à son job qu’il est prêt à dire n’importe quoi qui pourrait lui faire obtenir quelques voix supplémentaires, même aux dépens de l’intérêt national », a lancé la porte-parole de l’opposition travailliste et leader de l’opposition au Sénat.

 

Possible rétropédalage

Le Monde souligne toutefois qu’après avoir annoncé cette décision inattendue, le gouvernement australien est confronté à une confusion autour de la question d’un éventuel transfert de l’ambassade australienne en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. « Confronté à un tollé politique et aux menaces de représailles sur le commerce extérieur, M. Morrison a paru rétropédaler quelques heures plus tard, déclarant qu’il consulterait au préalable ses alliés », explique le journal français.

Accusé d’opérer une volte-face dans la tradition diplomatique australienne à des seules fins politiciennes, Scott Morrison a fini par expliquer aux élus du Parlement qu’il « sonderait les vues » des dirigeants de la région sur la possibilité de s’aligner sur l’initiative du président Donald Trump, « avant que le gouvernement ne se fasse une opinion particulière sur cette question ».

Mais le voisin indonésien de l’Australie, pays musulman le plus peuplé du monde, a mal réagi à cette annonce controversée. Cité par la chaîne publique australienne ABC, un haut responsable indonésien a expliqué qu’un important projet d’accord commercial en négociation depuis cinq ans et qui doit être finalisé avant la fin de l’année pourrait désormais être « suspendu ».

N.B.

 

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