Quel avenir pour les relations commerciales afro-américaines ?

Quel avenir pour les relations commerciales afro-américaines ?

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Du 8 au 10 août 2017, se tient à Lomé (Togo), la 16ème édition du forum AGOA (African Growth and Opportunity Act; Loi sur la Croissance et les Opportunités de Développement en Afrique) et la première de l’ère de Trump.
Ce forum révélerait les grandes lignes de la politique économique des Etats-Unis envers l’Afrique pour les quelques années à venir. Le continent de 1.2 milliard d’habitants possède un potentiel indéniable qui attire des investisseurs du monde entier.

Pourtant, le président républicain Donald Trump s’est consacré depuis son investiture à l’ accord de libre échange nord-américain (North American Free Trade Agreement) et aux accords commerciaux avec la Chine. Il s’est également intéressé aux accords avec l’UE. L’intérêt pour l’Afrique ne s’est pas manifesté, et le continent entier n’a été évoqué qu’à des occasions rarissimes.

D’après l’AFP, le Forum AGOA devait être l’occasion « pour les hauts représentants commerciaux américains de s’entretenir avec des délégations ministérielles de l’Afrique sub-saharienne, et de révéler les stratégies économiques que Washington souhaite développer » avec l’Afrique.
Initié en 2000, l’AGOA avait pour objectif d’encourager les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et les pays africains membres (38 à l’heure actuelle), tout en imposant des conditions en rapport avec les droits de l’homme, l’amélioration des conditions des travailleurs et la gouvernance.
Aujourd’hui, la réduction des taxes et les autres privilèges concernent 6000 produits. Toutefois, la valeur des exportations africaines en direction des Etats-Unis a baissé considérablement (passant de 26,8 milliards de dollars en 2014 à 18,7 milliards de dollars en 2015) et elle ne représente plus que 0.8% des importations totales des USA.

Dans ce contexte, Robert Lighthizer, le représentant de Washington à Lomé a assuré que son pays accorde un « intérêt très important pour le marché africain ». Il a ajouté : « Il y a des opportunités pour les investisseurs américains dans plusieurs secteurs… Par exemple le secteur de l’énergie électrique, les opportunités sont énormes. Il y a également l’agriculture. Les structures en Afrique doivent se moderniser, d’où l’accompagnement de secteur privé américain ».

Bismark Rewane, économiste et directeur régional de Financial Derivatives Company à Lagos, pense quant à lui que la diminution des importations pétrolières est l’une des raisons principales de la baisse du volume des échanges. Pour lui, le continent noir a aussi pris une nouvelle direction et « les africains cherchent désormais d’autres partenaires, locaux, régionaux et dans d’autres régions du monde ».

Les conflits d’intérêts seraient certainement au cœur des rencontres de l’AGOA, Trump qui a promis de privilégier les intérêts de son pays a souvent critiqué le protectionnisme de ses partenaires y compris en Afrique. De leur côté, les pays africains devraient faire de même et renégocier certains accords. L’Afrique de l’Est qui veut appuyer son industrie de textile a déjà exprimé sa volonté d’interdire l’importation des vêtements d’occasion, une mesure qui coûterait selon Constance Hamilton, représentante économique pour la Maison Blanche à Lomé, les emplois de 40.000 américains. « Ils sont devenus très sceptiques envers les Etats-Unis et le niveau d’intérêt a changé », a noté l’économiste nigérien.

Certes, le forum n’entrainera pas des changements radicaux dans les rapports économiques afro-américains, mais il constitue l’occasion pour la délégation américaine comme pour les partenaires africains de revoir leurs intérêts communs comme les termes des accords constituant des points de divergence.

N.B

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