Aziza Othmana : une Tunisienne d’exception affranchisseuse d’esclaves

Née en 1606, Aziza Othmana, cette princesse issue des rangs de la dynastie beylicale, est la petite-fille d’Othman Dey, soldat turc originaire d’Anatolie qui fut élu dey par la milice turque de Tunis en 1593. Connue pour avoir affranchi ses esclaves, cette grande dame de l’histoire de la Tunisie doit aussi sa popularité à ses nombreuses oeuvres de charité destinées aux pauvres. Portrait.

Ayant reçu une éducation de palais, chez son grand-père, elle reçoit une instruction de mentors érudits qui lui enseignent notamment l’histoire de la civilisation arabo-musulmane et les textes religieux. Elle épouse ensuite Hammouda Pacha Bey de la dynastie des Mouradites. La princesse beylicale est surtout célébrée et reconnue pour ses œuvres de bienfaisance, qui lui ont octroyé une forte popularité auprès des Tunisiens.

Oeuvres caritatives

Mais surtout, arrivée aux confins de sa vie, elle prend la décision, atypique pour l’époque, d’affranchir l’ensemble de ses serviteurs esclaves. Elle constitue aussi un habous en l’alimentant de ses nombreux biens : plus de 90 000 hectares de terrains. Elle en fait profiter des fonds ayant pour activité principale la mise en place d’oeuvres caritatives visant notamment à affranchir les esclaves et venir en aide aux pauvres.

L’amour des fleurs

Elle rend son dernier souffle en 1669. Sa dernière demeure se trouve à Halqat Al-Naâl, dans la médina de Tunis. Dans son testament, cette Tunisienne d’exception fait part de son délicat souhait que sa tombe soit colorée de fleurs de saison recueillies par ses visiteurs : « Je veux qu’il y en ait tous les jours sur ma tombe » aurait-elle déclaré.

Elle est aussi la fondatrice de l’hôpital de la rue El Azzafine à Tunis, l’actuel hôpital Aziza Othmana, au financement duquel elle participe. Le nom actuel de cet hôpital éponyme ne date que des années 1960. Il lui a été donné afin que soit mieux reconnu le rôle important qu’elle a joué à travers ses activités caritatives et ses biens habous. Le financement était en effet assuré, au cours de la première partie de son histoire, « pour la plus grande partie, par la djemaïa des habous ». « Ce qui n’était pas le cas pour les autres hôpitaux dont les frais de traitement des médecins de colonisation et les indemnités attribuées à ces derniers pour les tournées périodiques [dans le pays] sont supportés directement par le budget de l’Etat », comme l’indique un article historique paru dans la revue scientifique OpenEdition.

N.B.

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