région MENA

La Banque mondiale annonce un scénario de croissance « modérée » dans la région MENA

Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé « Une nouvelle économie pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord », la croissance économique de la région MENA devrait s’établir à 2% en moyenne en 2018, contre 1,4 % en 2017. Une croissance modérée qui s’explique principalement par la hausse récente des prix du pétrole. Celle-ci, si elle a bénéficié aux pays exportateurs, a en revanche accentué la pression sur le budget des pays importateurs.

Investir dans le numérique

« Les pays de la région MENA ont toutes les caractéristiques nécessaires pour brûler les étapes du développement numérique. La jeunesse instruite a déjà adopté les nouvelles technologies numériques et mobiles, mais celles-ci sont encore balbutiantes et les jeunes de la région se heurtent à des obstacles pour les utiliser à des fins productives », notamment dans le domaine de la création d’entreprises, explique le rapport de l’organisation mondiale. Le défi actuel serait donc de fournir les conditions nécessaires au développement de ce potentiel. « Il est essentiel que les pays de la région deviennent des ‘sociétés apprenantes’, ce qui pourrait entraîner la création d’une vigoureuse économie de services numériques », pointe le rapport. Pour la Banque mondiale, les décideurs devront notamment travailler sur de multiples fronts pour accélérer l’intégration économique des jeunes. « Plus tôt ils commenceront, plus les jeunes d’aujourd’hui auront de chances d’éviter l’exclusion économique et de réaliser leur plein potentiel ainsi que celui de leur région », explique le rapport.

S’attaquer à la « lenteur des réformes »

Bien que la croissance globale semble vigoureuse, le rythme de la reprise dans la région est encore lent. Le rapport préconise ainsi de s’attaquer aux défis de la lenteur des réformes et de l’augmentation des niveaux d’endettement et des taux de chômage chez les jeunes et les femmes. Ces problématiques « risquent de décourager la reprise économique et entraver les perspectives de croissance à long terme ». Pour accélérer la croissance et créer des emplois pour des millions de jeunes chômeurs, les pays de la région MENA « ne peuvent espérer suivre la voie traditionnelle du développement qui repose sur les exportations de produits manufacturés ». Les économies émergentes des pays de la région MENA devront plutôt développer une économie numérique qui tire parti de la disponibilité des jeunes instruits sur le marché du travail. Cela nécessitera, avant tout, « l’adoption de nouvelles technologies et la fourniture de ‘biens publics numériques’ », comme l’accès rapide et fiable à l’Internet haut débit et des solutions de paiement numérique, dit la Banque mondiale.

Croissance « accélérée » pour la Tunisie

Le rapport note que les importateurs de pétrole, parmi lesquels se trouve la Tunisie aux côtés du Djibouti, de l’Egypte, de la Jordanie, du Maroc, de la Cisjordanie et de Gaza, enregistreront en 2019-20 une légère amélioration de leurs importants déficits budgétaires, grâce aux réformes et politiques de stabilisation récemment menées. « Les importateurs de pétrole devraient bénéficier de l’augmentation des échanges commerciaux avec l’Europe et la Chine et des apports financiers des exportateurs de pétrole de la région », indique également la Banque mondiale.

La Tunisie devrait ainsi connaître « une croissance accélérée ». Après avoir doublé pour atteindre 2% en 2017, elle devrait s’établir à 3,4% en 2020, soutenue par l’agriculture, le tourisme et la production tournée vers l’exportation, principalement électrique et mécanique.

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer