Tripoli
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La bataille de Tripoli a fait 4500 déplacés, selon l’ONU

La situation se complique une nouvelle fois en Libye. Les combats entre l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l’est du pays, et les forces fidèles au gouvernement d’union nationale ont fait 4500 déplacés dans la banlieue de Tripoli, rapportent mercredi les Nations unies.

Reuters explique que les « hommes d’Haftar » ont pris position à une dizaine de kilomètres au sud du centre-ville et ont « barré la route qui y mène à l’aide de conteneurs ou de pick-up équipés de mitrailleuses ».

Des avions de l’ANL survolent la capitale et des explosions retentissent à sa périphérie, selon des témoins cités par l’agence de presse britannique. L’ANL s’est emparée de l’ancien aéroport international en début de semaine, mais les forces gouvernementales l’ont repris depuis et ont repoussé les assaillants plus au sud.

L’ANL, qui a combattu pendant des années les islamistes dans l’est du pays avec le soutien de l’Egypte et des Emirats arabes unis, a progressé ces derniers mois dans le sud du pays avant d’annoncer la semaine dernière son intention de s’emparer de Tripoli.

« La Libye pourrait sombrer encore une fois dans le chaos », indique pour sa part France 24, les affrontements s’intensifiant autour de la capitale vers laquelle avancent les forces de Khalifa Haftar. L’Union européenne a appelé une nouvelle fois le maréchal à mettre fin à son offensive contre Tripoli et à revenir à la table des négociations pour éviter une guerre civile.

« J’ai appelé très fermement tous les dirigeants libyens, et en particulier M. Haftar, à arrêter toutes les opérations militaires et à revenir à la table des négociations sous l’égide de l’ONU », a ainsi expliqué la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, après une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE au Luxembourg, lundi. « Nous n’avons pas adopté de conclusions, mais il y a eu un clair consensus pour appeler à arrêter toutes les opérations militaires en Libye », a-t-elle précisé. Mme Mogherini a ensuite dit que l’appel était essentiellement adressé à l’homme fort de l’est libyen. « Qui a lancé une offensive, sinon Haftar ? », a-t-elle ainsi souligné.

Combattants et civils tués

A Tripoli, le gouvernement d’union nationale (GNA) du Premier ministre Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale, a fermement dénoncé l’attaque contre l’aéroport de Mitiga, qu’il a considérée comme « un crime de guerre et un crime contre l’humanité », et a promis de poursuivre ses auteurs devant la justice. Il a également annoncé avoir reçu des renforts de Misrata. L’opération « Volcan de la colère » a été lancée pour défendre la ville, a affirmé le GNA.

Selon le dernier bilan du ministère de la santé du GNA, au moins 25 personnes ont été tuées et 80 autres blessées depuis le lancement de l’offensive du maréchal Haftar le 4 avril. Ce bilan concerne aussi bien les combattants que les civils – une famille entière ayant péri dans les violences, a précisé à Reuters le porte-parole du ministère. L’ANL a, elle, annoncé que 19 de ses combattants avaient été tués.

L’ONU, qui a réclamé une trêve pour l’évacuation des blessés, prévoit toujours d’organiser une conférence nationale de paix du 14 au 16 avril à Ghadamès, dans le sud-ouest du pays. L’émissaire spécial de l’ONU Ghassan Salamé a rencontré, lundi, Fayez al-Sarraj à Tripoli pour étudier les moyens d’aide qui pourraient lui être fournis « dans cette situation critique et difficile », indique sur Twitter la mission de l’ONU en Libye.

N.B., avec AFP et Reuters

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