Belgique

Belgique : des ambassadeurs nommés sans obligation de passer un examen

Un arrêté royal du 8 juillet 2018 va ouvrir la porte à un changement important du mode de désignation des ambassadeurs en Belgique. « Un discret arrêté royal permet la nomination à des postes d’ambassadeurs de fonctionnaires qui ne sont pas diplomates. Chez ceux-ci, la grogne monte », commente le quotidien belge Le Soir. Depuis sa publication, le 19 juillet, le Comité de direction peut en effet proposer au ministre de désigner, dans une fonction en poste, « les titulaires d’une fonction de management ou d’une fonction d’encadrement du SPF (Service public fédéral Affaires étrangères) qui n’appartiennent pas à la carrière extérieure et à la carrière des agents de l’Etat et qui ont accompli au moins un mandat auprès du SPF », stipule en effet l’arrêté royal. Une décision qui irrite les diplomates belges en poste. L’un d’eux a confié sans langue de bois au Soir que « sans vouloir faire du conservatisme corporatiste, le risque est réel d’avoir des ambassadeurs nommés politiquement sans être de la carrière en grillant la politesse à ceux qui se sont tapé tous les postes pendant des années ».

Bien que ce nouveau mode de désignation d’ambassadeurs belges qui ne sont pas des diplomates de carrière constitue un chamboulement des règles jusque-là en vigueur en Belgique, le même procédé existe dans d’autres pays. « Aux Etats-Unis, c’est une tradition établie depuis des lustres », a affirmé au même quotidien Michel Liégeois, professeur de relations internationales à l’UCL (Université catholique de Louvain) et président de l’Institut des sciences politiques. Pourtant, en Belgique, la crainte de la banalisation des nominations purement politiques se fait forte, certains y voyant même la main du parti politique de droite libérale N-VA, composé de nationalistes flamands et soupçonné de vouloir affecter à des postes de diplomates des personnalités portant ses couleurs.

« Aux Affaires étrangères, on insiste sur le cadre ‘très restrictif’ posé par l’arrêté mais on admet que le sujet ‘a toujours créé des tensions’ et ‘on comprend que cela puisse faire grincer des dents. Le concours pour devenir ambassadeur est compliqué et les conditions de vie ne sont pas évidentes’ », résume le quotidien belge.

L’hebdomadaire belge Le Vif indique lui qu’une hypothèse est que cet arrêté royal vise à régler le cas Dirk Achten. « Le patron du SPF Affaires étrangères doit être nommé ambassadeur à La Haye (Pays-Bas), mais l’homme, étiqueté Open Vld, n’est ni diplomate ni fonctionnaire. Les Affaires étrangères devaient donc modifier le règlement qui encadre la fonction d’ambassadeur pour prévenir des recours au Conseil d’Etat. »

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