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Bloomberg publie une analyse pertinente sur « les véritables raisons » potentielles de la crise du Golfe

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Le groupe financier américain Bloomberg spécialisé dans les services de l’information économique et financière, a récemment publié une analyse pertinente sur les enjeux stratégiques et économiques du Qatar et de l’Arabie Saoudite qui font en sorte qu’aujourd’hui, une crise diplomatique aiguë s’installe dans toute la région du golfe.

En effet, l’article place « la bataille diplomatique » entre les deux pays « dans le détroit de Malacca, entre la Malaisie et l’Indonésie », en indiquant que le point central du marché pétrolier et de l’économie mondiale se trouve en Asie. Il rappelle qu’il y a peu, en 2003, année de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, les marchés européens et américains « représentaient plus de la moitié des importations mondiales de pétrole ». Maintenant, la part de ces marchés est inférieure à un tiers. En effet, les importations de ces pays sont restées stables, cependant, celles de pays comme la Chine, l’Inde, les Philippines et la Corée de Sud ont considérablement augmenté.

« L’Asie a la part du lion des importations de pétrole et du gaz naturel liquéfiée en provenance du Moyen-Orient ». Les chiffres publiés par Bloomberg montrent que plus de 76% des exportations pétrolières du Moyen-Orient sont orientées vers des marchés asiatiques tandis que 65.3 % des exportations en gaz naturel liquéfiée en provenance du Qatar sont destinées à ces mêmes marchés.

La réaction des principaux partenaires commerciaux du Qatar, à savoir le Japon, la Corée du Sud, l’Inde et Taiwan est cruciale. Elle va déterminer les conséquences et l’envergure de « l’embargo » sur le Qatar. Les Emirats Arabes Unis sont aussi concernés de très près par la situation. Plus de la moitié de leurs exportations de gaz naturel liquéfié sont destinés aux principaux partenaires commerciaux du Qatar (le Japon, la Corée du Sud, l’Inde et Taiwan) et « environ deux tiers sont destinées à la Chine et à la Thaïlande en plus des quatre pays précédemment cités ».

A ce niveau, l’article nous invite à un examen pertinent de « la dynamique du marché du gaz en Asie et les différents degrés de dépendance des pays asiatiques au Qatar et à ses rivaux arabes ». Il révèle que le pays du Soleil levant est le plus grand acheteur de gaz du Qatar avec un cinquième du gaz commercialisé. Toutefois, l’Australie et la Malaisie demeurent ses principaux fournisseurs puis vient l’Etat des Emirats Arabes Unis qui ne couvrent que 12% de la demande japonaise. En revanche, l’Arabie Saoudite à elle seule fournit près de 40% des besoins en brut du Japon. Ainsi, il parait clair que « le Japon a bien plus besoin de l’Arabie Saoudite pour son pétrole qu’il n’a besoin du Qatar pour son gaz ».

Le Japon via Jera Co. pourrait en profiter pour renégocier les termes du contrat de gaz avec le Qatar, mais il doit le faire avec précaution en sachant que « Taiwan et l’Inde dépendent chacun du Qatar pour environ la moitié de leurs importations de gaz » et que « la perte de l’offre de GNL risque d’occasionner des pannes de courant ».

« Dans ce contexte, il est peu probable que les services d’électricité de l’Asie souhaitent bouleverser les relations avec un fournisseur clé, surtout après que la domination du Qatar dans le marché mondial a été réaffirmée en avril via la décision du pays de lever un moratoire sur le développement de son champ du nord ».

Pour le reste, Taiwan et l’Inde dépendent chacun du Qatar pour environ la moitié de leurs importations de gaz, alors que la Corée du Sud n’est pas loin derrière avec 36%. L’Inde et la Chine, sont de leur côté des acheteurs majeurs du pétrole iranien, ce qui rend peu probable qu’ils soient disposés à choisir un camp en particulier dans ce qui est finalement une autre facette de la crise entre Riyad et Téhéran.
Les forces des deux côtés paraissent finement équilibrées et « tout joueur » se doit de réfléchir attentivement avant de faire le moindre pas, vu la complexité de la situation et des intérêts colossaux qu’elle implique.

N.B

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