Blue Maqams d’Anouar Brahem parmi les 50 classiques incontournables du label ECM

Les meilleurs albums du label ECM révèlent pourquoi le style et le son uniques du label en ont fait l’un des labels de jazz les plus avant-gardistes de tous les temps, estime uDiscoverMusic. Ce dernier, dans son top 50 des meilleurs albums de jazz enregistrés sur ce label, place l’album « Blue Maqams » du compositeur tunisien Anouar Brahem dans la 14e position de son classement.

Le magazine uDiscoverMusic décrit le grand label de jazz allemand ECM comme « la maison construite par Keith Jarrett », grand pianiste et compositeur américain maniant plusieurs instruments de musique. Dans son classement des 50 albums devant être « absolument écoutés », il classe Blue Maqams d’Anouar Brahem à la 14e position. L’album The Köln Concert (1975) de Keith Jarrett occupe lui le sommet du podium.

Anouar Brahem, un maître du oud

Pour le magazine, Anouar Brahem est un « maître du oud », cet « instrument arabe ressemblant à un luth multi-cordes ». « Brahem, d’origine tunisienne, a fait ses débuts avec ECM en 1991 et, à ce jour, a enregistré une douzaine d’albums pour le label », rappelle le média américain. Blue Maqams rassemble, aux côtés de Brahem, Dave Holland à la basse, Django Bates au piano et Jack DeJohnette à la batterie, offrant un « accompagnement sympathique aux élégantes mélodies » de oud assurées par Brahem dans un « mariage passionnant de musiques orientales et occidentales ».

Très large succès

Enregistré à New York en 2017, l’album a reçu un large succès dans le monde entier. Bobby Reed, rédacteur et éditeur au sein de DownBeat, magazine américain consacré au jazz, estime par exemple que le résultat fantastique de cet album provient de son projet de mettre en vedette la musique traditionnelle arabe et de la combiner avec des éléments de jazz plus modernes. Rappelant que le mot maqam désigne un art mélodique arabe obéissant à des règles esthétiques, Bobby Reed estime que « chaque musicien brille » dans cet album. On apprend aussi dans cette chronique que c’est le fondateur d’ECM, Manfred Eicher, qui a suggéré à Brahem d’envisager une collaboration avec le pianiste Django Bates.

Conversations subtiles entre oud et piano

Dans les notes de couverture à Blue Maqams, Anouar Brahem explique qu’il souhaitait faire équipe avec un pianiste pouvant l’aider à explorer de nouvelles approches de dialogue entre oud et piano. « Non seulement Brahem a trouvé le collaborateur idéal dans M. Bates, mais il a aussi élaboré un programme de […] compositions originales qui mettent en valeur la merveilleuse touche du pianiste, avec des passages au piano solo ainsi que des sections en duo mettant en valeur des conversations subtiles et intelligentes entre le oud et le piano », ajoute Bobby Reed.

Sur Allmusic, Thom Jurek écrit que l’album du compositeur tunisien est une « illustration presque parfaite de l’équilibre entre recherche culturelle et musicale, soulignée par la confiance et la communication presque symbiotique de cet ensemble doué. C’est une sortie exceptionnelle, même pour un artiste aussi accompli et créatif que Brahem ». Le magazine commente également le titre de l’album, qui marque une « union entre le système modal et harmonique arabe d’une complexité incroyable et le ‘bleu’ si souvent évoqué dans l’improvisation jazz ».

« Avec Blue Maqams , les tonalités douces et les reflets saisissants produits par le oud sont combinés à un jeu phénoménal de Holland et DeJohnette. Une force essentielle pour les accompagner s’avère bien être Bates avec son jeu de piano puissant mais toujours aussi délicat », pointe pour sa part le magazine Kind of Jazz.

John Fordham, critique musical pour The Guardian, observe pour sa part que « le oud de Brahem esquisse souvent des thèmes, parfois assombris par des réflexions rêveuses de crépuscule, avant de s’engager dans des promenades nocturnes ondoyantes ». Pour John Fordham, la musique du compositeur tunisien est une « véritable rencontre de cœur et d’esprit ». Ce « maestro tunisien » réalise avec ses musiciens un « équilibre envoûtant entre les formes de chansons méditerranéennes mélodiques d’une part et l’élasticité rythmique et l’ingéniosité mélodique du meilleur jazz d’autre part ».

Un label incontournable

Edition of Contemporary Music, plus connu sous son sigle ECM, est un label allemand de jazz, de musique classique, de world music et de musique contemporaine, installé à Gräfelfing, dans la banlieue de Munich. Pour le magazine uDiscoverMusic, le succès de Jarrett a transformé ECM en challenger majeur dans le monde du jazz, et les meilleurs albums d’ECM révèlent un engagement étonnant en matière de contrôle de la qualité de la musique « qui a plus qu’assuré sa place dans le panthéon du jazz ».

Lancée en novembre 1969, la compagnie ECM est progressivement devenue « l’un des labels les plus uniques du jazz, avec son son, son style et son look distinctifs », écrit uDiscoverMusic. En 2019, ECM est toujours à la pointe du jazz contemporain, comme le prouve le choix des 50 meilleurs albums du label soigneusement triés sur le volet où, aux côtés de Keith Jarrett et Anouar Brahem, on retrouve également le musicien américain Charles Lloyd avec un album sorti en 2000 intitulé The Water Is Wide, le pianiste américain d’origine indienne Vijay Iyer pour son album Break Stuff paru en 2015, ou encore le quartet du pianiste norvégien Tord Gustavsen grâce à son album The Well (2010).

N.B.

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