Michel Barnier s'adresse à la presse à l'issue de la réunion des ambassadeurs à Bruxelles. Photo : Johanna Geron / Reuters

Brexit : décision de l’UE attendue la semaine prochaine sur une durée du report

Les ambassadeurs des 27 Etats de l’UE réunis ce vendredi à Bruxelles ont repoussé au début de la semaine prochaine, lundi ou mardi, la prise d’une décision sur la durée d’un nouveau report du Brexit, a-t-on appris de sources européennes.

Le négociateur en chef du Brexit pour l’UE, Michel Barnier, a qualifié d’« excellentes » les discussions de vendredi. « Le travail va continuer dans les prochains jours », a indiqué une porte-parole de la Commission européenne.

Mardi, « date butoir informelle »

Selon plusieurs sources européennes, une nouvelle réunion des ambassadeurs se tiendra lundi ou mardi pour conclure à une décision sur la durée du délai supplémentaire, alors qu’un vote est attendu lundi au Parlement britannique sur la tenue d’élections anticipées sur proposition de Boris Johnson. Un ambassadeur européen a indiqué que mardi serait une « date butoir informelle », à deux jours de la date prévue du 31 octobre pour la sortie de l’UE.

Au sein de l’UE, certains pays, comme l’Irlande, plaident pour un report de trois mois, au 31 janvier 2020, délai que le Premier ministre britannique Boris Johnson a été contraint de demander. « Mais d’autres, comme la France, demandent plus de clarté sur les intentions des Britanniques avant de se prononcer », indique le journal français l’Express.

« Ce sont les Français, toujours les Français »

« Il y a un pays qui fait obstacle – la France », a déclaré un diplomate au quotidien britannique the Guardian. « Tout le monde est très frustré. On leur a dit qu’une courte prolongation risquait de provoquer un Brexit accidentel sans accord. […] Ce sont les Français, toujours les Français », a déploré un deuxième diplomate de haut rang au Guardian.

Des sources ont suggéré que le président français Emmanuel Macron tenait à apporter son aide à Downing Street et à maintenir la pression sur les députés. Jeudi, la ministre française des Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a déclaré à RTL qu’il était nécessaire de clarifier les prochaines étapes à Londres pour que les décisions soient prises dans les prochaines heures et les prochains jours. « Il faut qu’on ait le scénario clair de pourquoi on donne du temps : est-ce que c’est pour ratifier un accord parce qu’on a besoin de quelques jours en plus ,? […] Est-ce que c’est pour organiser l’élection pour qu’on puisse avoir une clarification démocratique ? », a-t-elle déclaré sur RTL.

« La position française, c’est de donner du temps si c’est justifié, si on comprend pourquoi on le fait », a-t-elle dit. « On n’est pas dans une question d’ultimatum, on est dans une question de clarté. Le temps tout seul n’amène à rien d’autre qu’à l’enlisement », a ajouté la ministre française.

Par conséquent, explique The Guardian, il reste la possibilité que l’UE propose un délai plus court, jusqu’au milieu ou à la fin du mois de novembre, simplement pour laisser du temps au processus de ratification, bien que selon des sources, cela reste peu probable. « Nous avons convenu que nous voulions tous éviter un non-accord, et une courte prolongation ne ferait que renforcer cette possibilité », a déclaré une source de l’UE.

En s’ingérant dans les termes de la demande de prolongation énoncée dans la loi Benn, le Premier ministre est également soumis à un ensemble différent d’obligations. Pour rappel, Boris Johnson a été en effet contraint de demander un report du Brexit à l’Union européenne, les députés ayant repoussé leur vote sur son nouvel accord de Brexit. La loi qui l’y a forcé a été baptisée le « Benn Act », du nom du député travailliste Hillary Benn qui l’avait présentée à la Chambre des Communes.

« Si le délai de trois mois allant jusqu’au 31 janvier est offert, il doit l’accepter. Une formulation différente exigerait que le Parlement adopte une motion approuvant la demande de prolongation. Johnson devrait alors se mettre d’accord sur les termes avec l’UE avant le 30 octobre ou dans les 48 heures, selon la date la plus proche », précise ainsi The Guardian.

N.B.

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