Brexit
Michel Barnier croit en la possibilité d'un accord sur les bases du traité signé fin 2018. Vincent Kessler/REUTERS

Brexit : pour le négociateur de l’UE, « le traité peut encore être soutenu »

Malgré le rejet de l’accord de sortie de l’Union européenne par les parlementaires britanniques, le négociateur en chef pour l’Union européenne chargé de mener les négociations liées à la question du Brexit, Michel Barnier, affirme qu’il croit toujours en la validité du traité signé fin 2018. Interviewé par le journal français Le Monde, il explique qu’il n’exclut toutefois pas de travailler à une amélioration de la déclaration politique qui y est associée, au sujet de la relation future avec Londres.

A dix semaines de l’échéance, Michel Barnier, qui se dit “calme et lucide”, détaille dans son interview Monde, mercredi, la façon dont il analyse la situation après le rejet de l’accord négocié par la Première ministre britannique Theresa May vis-à-vis de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Affirmant qu’il y a « deux majorités qui existent », Michel Barnier estime que les dirigeants britanniques « ont besoin de temps et nous devons respecter ce temps démocratique ». Il estime « qu’un accord ordonné sera globalement conforme au traité » signé fin 2018, car c’est « le seul traité du divorce possible ».

Malgré le rejet de l’accord par les députés britanniques (202 voix favorables contre 432 voix opposées), « le traité peut encore être soutenu si on le met en perspective », estime-t-il, notamment en revoyant la déclaration sur la relation future qui l’accompagne. « Cette déclaration politique, nous sommes prêts à la retravailler pour la rendre plus ambitieuse. Si j’écoute bien les débats outre-Manche, il y a une volonté de trouver un chemin », poursuit-il. « Mais si le gouvernement et les députés britanniques ne bougent pas leurs lignes, nous allons arriver mécaniquement au ‘no deal’ », prévient-il.

La question d’un éventuel « no deal »

Concernant un report du Brexit, Michel Barnier rappelle que « cette décision devra être prise sur demande des Britanniques et être approuvée par les Vingt-Sept au consensus », et qu’il n’est pas possible de présumer de cette décision. Les questions que poserait un tel délai vis-à-vis de l’UE, et notamment vis-à-vis des élections au Parlement européen prévues en mai, font actuellement l’objet d’un travail juridique afin de ne « pas perturber le fonctionnement démocratique des institutions européennes ».

Quant à l’hypothèse d’un « no deal », soit l’absence pure et simple d’accord, la question des 3,5 millions d’Européens résidant au Royaume-Uni serait alors « prioritaire ». « Il y a des points qui dépendent de l’UE », rappelle M. Barnier, notamment la question du « statut des résidents de longue durée » qui « pourrait s’appliquer aux Britanniques expatriés. […] Et il y aura des droits qui devront être donnés de manière cohérente au niveau des Etats. Il y aura des moyens d’être ambitieux, à condition que le Royaume-Uni accorde la réciproque aux citoyens européens. »

Une chose est sûre, explique M. Barnier, les Vingt-Sept se préparent et « seront prêts » en cas de « no deal », affirmant que « des ruptures et conséquences sérieuses » sont à attendre même en cas d’accord, et qu’un « no deal » ne ferait que les accentuer.

N.B., avec Le Monde et Le Figaro

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