extrémiste
PHOTO MARK BAKER, AP

Carnage dans des mosquées en Nouvelle-Zélande : un « extrémiste » fait 49 morts

Un « extrémiste de droite » portant des armes semi-automatiques a fait un carnage vendredi dans deux mosquées de la localité néo-zélandaise de Christchurch, tuant 49 fidèles et blessant des dizaines d’autres.

La Première ministre Jacinda Ardern a évoqué « l’une des journées les plus sombres » jamais vécues dans cet Etat du Pacifique Sud d’habitude paisible. Elle a immédiatement qualifié les attaques de terroristes et d’une « violence sans précédent ».

L’attentat a suscité une vague d’indignation dans le monde, du pape François à la reine Elizabeth II, de Donald Trump au président turc Recep Tayyip Erdogan. L’assaillant a diffusé en direct sur internet les images de ses attaques, où on le voit passer de victime en victime, tirant sur ses cibles à bout portant.

« Manifeste » raciste

Un Australien de 28 ans a été arrêté et inculpé de meurtres. Il doit comparaître samedi devant le tribunal du district de Christchurch. Deux autres hommes étaient toujours en garde à vue sans que l’on sache ce qui leur est reproché, explique l’AFP. Le principal suspect a publié un « manifeste » raciste sur les réseaux sociaux avant de passer à l’action, où il semble s’inspirer des théories traditionnellement partagées dans les milieux d’extrême droite et selon lesquelles les « peuples européens » seraient « remplacés » par des populations extra-européennes immigrées. Le document détaille deux années de radicalisation et de préparatifs avant le passage à l’acte, précise encore l’AFP.

« Il est clair qu’on ne peut que décrire cela comme une attaque terroriste », a déclaré Mme Ardern. « Pour ce que nous en savons, (l’attaque) semble avoir été bien planifiée. » Deux engins explosifs artisanaux ont été découverts dans une voiture et neutralisés, selon la police. A Sydney, le Premier ministre australien a décrit le tireur comme un « violent extrémiste de droite ».

Femmes et enfants parmi les morts

Les deux cibles de l’assaillant étaient la mosquée Masjid al Noor dans le centre de la ville, où 41 personnes sont mortes, selon la police, ainsi qu’une seconde mosquée, à Linwood, dans la banlieue, où sept personnes sont décédées. Une victime a succombé à l’hôpital. Une cinquantaine de blessés touchés par balles ont été hospitalisés. D’après la Première ministre, une vingtaine sont dans un état grave. Parmi les morts figureraient également des femmes et des enfants.

Un Palestinien présent dans l’un des lieux de culte a raconté qu’il avait vu un homme être abattu d’une balle dans la tête. « J’ai entendu trois coups de feu rapides et après environ dix secondes, ça a recommencé. Cela devait être une arme automatique, personne ne pourrait appuyer sur la gâchette aussi vite », a dit cet homme à l’AFP sous couvert de l’anonymat. « Puis, les gens ont commencé à sortir en courant. Certains étaient couverts de sang. »

Les images du tireur sont « extrêmement pénibles », a alerté la police néo-zélandaise. Les autorités ont averti les internautes qu’ils pourraient encourir jusqu’à dix  ans d’emprisonnement en cas de partage de ces images choquantes. Outre la vidéo, dont l’AFP a vérifié l’authenticité mais qu’elle a décidé de ne pas publier, des photos liées au tireur ont été postées sur les réseaux sociaux montrant des armes semi-automatiques recouvertes des noms de personnages de l’histoire militaire, dont des Européens ayant combattu les forces ottomanes aux 15e et 16e siècle.

« Du sang partout »

Les forces de l’ordre, après avoir imposé un bouclage de la ville avant de lever les mesures quelques heures plus tard, ont demandé aux fidèles d’éviter les mosquées « partout en Nouvelle-Zélande« .

Un témoin a raconté au site internet d’information Stuff.co.nz qu’il était en train de prier à la mosquée Masjid al Noor sur l’avenue Deans quand il a entendu des tirs. En s’enfuyant, il a vu sa femme mourir devant l’édifice religieux. Un autre homme a dit avoir vu des enfants se faire abattre. « Il y avait des corps partout », a-t-il dit. Un témoin a expliqué à Radio New Zealand qu’il avait entendu des coups de feu et vu quatre personnes gisant au sol, « avec du sang partout ».

N.B., avec AFP

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer