Photo : YES WE Breathe

Ces startups tunisiennes impliquées dans la lutte contre le coronavirus

C’est le 16 Mars 2020 qui a marqué le début d’une histoire, lorsque Aref Meddeb, diplômé en génie électrique et génie informatique et directeur de l’Ecole nationale d’ingénieurs de Sousse (Eniso), a proposé un défi qui a attiré l’attention du public, et qu’a ainsi été lancé le collectif YES WE Breathe. Aujourd’hui, Taha Grach, étudiant à l’Eniso, a lancé la startup D-Wee avec des collaborateurs en vue de livrer des masques, des visières et des machines de respiration aux établissements sanitaires.

L’objectif du collectif YES WE Breathe, fondé par l’Ecole nationale d’ingénieurs de Sousse (Eniso), consistait au départ à mener une campagne de collecte de masques Decathlon EasyBreath, en étroite collaboration avec la Chambre tuniso-italienne de commerce et d’industrie (CTICI), les réseaux de distribution Ola Energy, et les centres de production du collectif Yes We Breathe. La campagne de collecte avait permis de livrer au ministère de la Santé 630 masques Decathlon équipés de leurs raccords et accessoires imprimés en 3D et 95 masques dans le gouvernorat de Sfax.

Le collectif YES WE Breathe, auquel se sont jointes d’autres écoles d’ingénieurs, appelle aujourd’hui les hôpitaux et les structures sanitaires à contacter cette équipe en soumettant en ligne leurs demandes.

Retrouvez toutes les initiatives et les projets du #CollectifYesWeBreathe en partenariat avec #OpenFabTunisia sur le…

Publiée par YES WE Breathe sur Mardi 5 mai 2020

 

3000 visières livrées gratuitement

Mais les masques ne sont pas les seuls équipements à avoir été livrés par cette école qui a répondu à l’appel lancé par le gouvernement à toute structure pouvant contribuer à faire face, en alliant science et technologie, à l’épidémie. Grâce à l’engagement de tous les membres de YES WE Breathe et des étudiants et professeurs de l’Eniso, « nous avons aussi pu livrer plus de 3000 visières gratuitement aux centres médicaux et aux soldats des forces de l’ordre et de la protection civile », indique Taha Grach, étudiant de l’Eniso. Après quelques semaines de travail continu, l’Eniso a pu concevoir et livrer un appareil d’oxygénothérapie à haut débit à l’hôpital CHU Farhat Hached de Sousse, en présence de deux ministres : le ministre de la Santé et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. L’école a également travaillé sur la conception de masques à filtre FFP2 destinés aux professionnels de santé et à réduire la quantité d’agents infectieux inspirés par les personnes en contact avec des malades. « Cette expérience a montré au monde que les étudiants de l’Eniso sont capables de tout et qu’ils ont les capacités et les compétences nécessaires pour contribuer au développement de notre pays », a encore expliqué Grach dans un message publié sur Facebook.

Le #Collectif_Yes_We_Breathe produit les 9 modèles de #visières ci-dessous. Ces #visières ont été produites et livrées…

Publiée par YES WE Breathe sur Vendredi 24 avril 2020

Taha Grach, 23 ans, a, dans ce contexte, annoncé le lancement d’une nouvelle startup, D-Wee, qui sera spécialisée dans le domaine médical, qui a remporté la compétition Novation Challenge, première de ce type en Tunisie, qui vise à promouvoir les nouvelles structures désirant être impliquées dans le développement des dispositifs médicaux. Cette nouvelle startup, dont les fondateurs désirent maintenant opérer en toute indépendance et voler de leurs propres ailes, livrera aux établissements hospitaliers et autres structures sanitaires des masques, des visières et des machines de respiration. Pour rappel, le pôle de compétitivité de Sousse avait lancé le 17 mars 2020 un concours auquel étaient appelés à participer des startups, des étudiants, des diplômés du supérieur et des entrepreneurs opérant dans le domaine des technologies et de l’innovation et dont les projets consistaient à contribuer aux efforts des autorités sanitaires en vue d’endiguer la propagation du Covid-19.

Au début, ce jeune étudiant de l’Eniso, d’ailleurs repéré par la BBC, explique au Diplomate Tunisien avoir « travaillé sur le projet avec deux amis, Nizar Samai et Mohamed Mabrouk, puis Nermine Marzouki qui nous a rejoints par la suite ». « Nous avons consulté pour ce faire plusieurs médecins, dont Mohamed Boussarsar et Ferhi Fehmi, pour saisir le principe de fonctionnement et les exigences que nous devions satisfaire. Nous avons organisé une première réunion, suite à laquelle notre équipe s’est agrandie avec l’adhésion de nouveaux membres dont Bassem Mlayah, Karim Selmi, Moncef Mani, Mohamed Ali Chaieb ou encore Yassine Khlass et Amine Rekhis de la Startup Factoorya », explique Taha Grach. Celui-ci indique aussi que les professeurs Farhat Zemzemi, Sami Bennour, Abdelfattah Mlika, Tarek Hassin, Zoubeir Turki, Anis Ben Slimane et le directeur de notre école, et Aref Meddeb, « véritable étincelle de ce mouvement », ont fortement contribué au projet. « Ce projet nous a réunis et nous avons travaillé ensemble jour et nuit, en faisant plusieurs sacrifices pour atteindre notre objectif », indique-t-il encore.

Taha Grach remercie plusieurs organismes qui ont contribué à la réussite de ce projet prometteur, parmi lesquels on peut citer ATB Banque, la fondation Hédi Bouchamaoui, la Banque de l’Habitat, GIZ Tunisie, Euromaghreb, ou encore la startup technologique Factoorya.

N.B.

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