jeune Tunisienne

Cette jeune Tunisienne a percé dans le domaine de l’analyse des données aux Etats-Unis

Le site de l’University of Colorado Denver Business School a consacré un long article à Saoussen Memmi, jeune femme d’origine tunisienne qui a « pris beaucoup de risques » pour décrocher un emploi aux Etats-Unis après avoir obtenu la prestigieuse bourse du programme Fulbright (système de bourses d’étude très sélectif et basé sur le mérite, subventionné conjointement par le département d’Etat des Etats-Unis et les gouvernements des pays désireux d’y participer). Ayant grandi en Tunisie, Memmi a en effet multiplié les étapes de son parcours universitaire, alternant formations et expériences professionnelles. Ayant intégré, dès son inauguration en 2010, la Tunis Business School, dont le programme d’études, calqué sur celui des pays anglo-saxons, est intégralement enseigné en anglais, elle avait depuis le début entrepris de poursuivre ses études supérieures aux Etats-Unis.

« Pour ce faire, elle a dû construire un riche CV et se démarquer de tous les autres étudiants poursuivant le même rêve », écrit la CU Denver Business School. Un rêve qu’elle a atteint cette année après avoir décroché un diplôme au sein de cette université du Colorado et trouvé un emploi à plein temps à Denver avant son retour en Tunisie, qu’elle prévoit pour l’année prochaine.

« Apporter l’esprit d’entreprise en Tunisie »

L’établissement de premier cycle de Memmi est radicalement différent des établissements d’enseignement supérieur tunisiens traditionnels. Cette université a été la première à délivrer des programmes calqués sur le système américain. Un changement radical par rapport au système français, « l’université tunisienne [où Saoussen a poursuivi ses études] ayant tout changé : des horaires de cours à la façon dont ces derniers sont dirigés, notamment à travers le système de notation ».

« Elle savait qu’elle prenait un risque calculé. Alors que plus de 1000 étudiants ont été initialement acceptés dans le programme, seuls les meilleurs d’entre eux ont réussi. Elle était ainsi l’une des 82 étudiants à obtenir leur diplôme. En raison des normes élevées de l’école, celle-ci est devenue l’une des meilleures en Tunisie. Son risque a payé », poursuit l’article de l’université américaine.
Le concours du prix Hult était aussi l’une de ses motivations personnelles. Défi international de l’entrepreneuriat social, le prix Hult met l’accent sur le lancement d’entreprises qui résolvent les « plus grands problèmes du monde ». Véritable fierté de l’école portant le même nom, ce prix se décline en une bourse d’un million de dollars qui récompense les étudiants portant des projets visant à résoudre des problématiques globales en s’inspirant de techniques « business ».

« Plus de 25 000 étudiants répartis sur plus de 1000 campus lancent leurs idées de startup, d’abord au niveau régional, puis pour la compétition finale au siège des Nations unies à New York », précise l’article. « Après avoir rassemblé une équipe et concouru à Londres, Memmi a postulé et est devenue directrice du campus de Hult. Elle voulait apporter cette opportunité à tous les étudiants de son université. La compétition a décollé et s’est propagée dans plusieurs collèges tunisiens. »
« Voir l’impact maintenant est incroyable », s’est-elle félicitée. « C’était l’une des meilleures choses que je pouvais faire pour développer mon expérience et mon CV. »

« Prenez le temps d’apprendre ce qui vous passionne »

L’ancienne étudiante ne voulait pas s’en tenir à une maîtrise en Tunisie, considérant qu’il lui fallait accroître son expérience avant de postuler pour s’inscrire dans une université américaine.
Autre raison pour laquelle elle ne s’est pas directement lancée dans la poursuite de ses études supérieures en Amérique est celle à laquelle de nombreux étudiants peuvent s’identifier. « Je ne savais pas exactement ce que je voulais faire », a-t-elle dit. Elle a donc accepté une offre à temps plein en tant que consultante d’affaires chez Axe Finance en Tunisie, une société qui réalise des évaluations de risques pour les organismes de crédit.
« Chez Axe Finance, elle s’est rendue en Côte d’Ivoire et aux Emirats arabes unis et a eu des échanges avec des personnes de différentes nationalités. Ce travail a ainsi pu alimenter sa passion pour les systèmes d’information et la gestion des risques. Après quelques années passées au sein de l’entreprise française, elle s’est enfin sentie prête à faire le saut et à postuler en vue de poursuivre ses études supérieures. »
C’est comme ça qu’elle a trouvé son programme universitaire de prédilection à la CU Denver où elle a pu combiner deux de ses passions. La maîtrise en systèmes d’information doublée d’une spécialisation en gestion des risques d’entreprise a en effet constitué pour elle la combinaison parfaite pour entamer la carrière professionnelle qu’elle souhaitait.

Bourse Fulbright et une place à CU Denver

C’est l’obtention d’une bourse Fulbright qui a constitué, en quelque sorte, son ticket d’entrée aux Etats-Unis. Elle savait qu’elle devait s’intéresser aux affaires internationales, ce qu’elle a pu faire grâce aux activités liées au prix Hult et en travaillant pour Axe Finance.
Au CU Denver, Memmi a été heureuse de constater que les cours et les événements de réseautage dépassaient ses attentes, déjà élevées. Elle a par ailleurs complété l’expérience de son emploi précédent avec les cours de Denver pour développer les connaissances qu’elle avait construites au cours de son expérience professionnelle chez Axe France. Memmi a ainsi pu s’impliquer intensément dans l’Information Systems Association (ISA), un club étudiant actif à la Business School, assumant le rôle de présidente au cours de son dernier semestre.

Tombée amoureuse de Denver, Memmi poursuit l’objectif d’y rester plus longtemps et d’acquérir plus d’expérience dans son domaine avant de rentrer en Tunisie. Elle a profité des liens étroits du programme de gestion des risques et d’assurance avec l’industrie, participant à plusieurs événements pour établir des contacts et développer son réseau professionnel.
Toutes ses expériences étudiantes ont abouti à deux stages « impressionnants », le premier en tant qu’analyste de l’amélioration des processus avec le Colorado Department of Energy, le second en tant qu’analyste de données dans la ville et le comté de Denver.
A l’avenir, elle espère injecter de l’innovation et de la haute technologie dans l’industrie de l’assurance grâce à insurtech (ensemble des startups qui créent de nouveaux services et offres d’assurance 100% digitales et basées sur les avancées permises par le numérique, la collecte et l’analyse des données). Elle s’intéresse également aux questions liées à la cybersécurité pour protéger la propriété intellectuelle et les données, des atouts de plus en plus précieux pour les entreprises.

Gestion des risques

La gestion des risques n’est pas un secteur d’activité bien ancré en Tunisie, raison pour laquelle elle estime avoir besoin de plus d’expérience avant de prévoir son retour définitif. Mais selon les exigences de la bourse Fulbright, elle a été autorisée à travailler pendant un an dans une entreprise avant de retourner chez elle. Cela a rendu la recherche d’une offre d’emploi à temps plein difficile. Mais la jeune femme a défié ces obstacles en ciblant des startups plus ouvertes aux étudiants internationaux. Elle a finalement été recrutée en tant qu’analyste de données chez Pingora Asset Management, un gestionnaire d’actifs axé sur l’investissement dans la production de nouveaux services hypothécaires performants.

Conseils pour les étudiants internationaux

Pour les étudiants étrangers établis loin de chez eux, Saoussen estime qu’il leur faut sortir de leur zone de confort pour découvrir ce qui les passionne vraiment. Et de témoigner : « La vie ici est si différente. J’ai ce niveau de liberté que je n’avais pas chez moi. Je peux choisir ce que je veux faire de ma vie. » Son conseil à tout étudiant est de « croire en lui, en son potentiel et d’avoir un objectif ». « Divisez votre grand objectif en étapes plus petites et appréciez ce que vous avez », a-t-elle dit à l’auteur de l’article. Memmi n’est toutefois pas encore parvenue à son but final, qui consiste, au bout de toutes ses expériences, à monter sa propre société de gestion des risques d’entreprise en Tunisie.

Lire l’article de Denver Business School : https://business-news.ucdenver.edu/2018/07/14/one-tunisian-fulbright-scholar-finds-her-niche-in-insurtech-at-cu-denver/

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