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Chafik Jarraya innocentré dans l’affaire de « complot » contre la sûreté nationale

Le bureau du Procureur général de la Division de la lutte contre le terrorisme a décidé mardi de clore le dossier relatif au « complot contre la sûreté nationale » dans lequel l’homme d’affaires Chafik Jarraya était impliqué.

Désormais classé, le dossier impliquait également Saber Laajili, directeur de l’unité nationale antiterroriste, Imed Achour, directeur général des services spécialisés au ministère de l’Intérieur, et Najem Gharsalli, ancien ministre de l’Intérieur, a expliqué l’avocat Faisal Jadlaoui à l’agence TAP. M. Jadlaoui, avocat de Chafik Jarraya, n’a pas donné plus de précisions sur la décision de classer cette affaire qui avait défrayé la chronique.

Il a ajouté que si M. Jarraya avait été acquitté dans le cadre de l’affaire de complot contre la sûreté nationale, il resterait néanmoins en détention le temps qu’un autre dossier soit traité, une enquête actuellement prise en charge par la division des finances de la justice. « Une audience est prévue pour le 21 octobre à cet effet », a-t-il ajouté.

Jarraya au coeur d’une organisation de type mafieux

Le 23 mai 2017, Youssef Chahed avait donné le coup d’envoi d’une grande opération anti-corruption en débutant avec l‘interpellation de Chafik Jarraya, suivi de celles de plusieurs autres hommes d’affaires tels que Yassine Channoufi et Samir El Wafi. Une initiative qui a provoqué une vague de soutien et d’opinions favorables de la part des Tunisiens.

Pour rappel, à partir de janvier et février 2017, « une série d’informations inquiétantes commençaient à remonter à la présidence du gouvernement », comme l’écrivait Jeune Afrique en juin 2017. Des informations qui faisaient état du rôle important joué par Jarraya dans une grosse affaire d’approvisionnement en armes de groupes de combattants libyens. « Plusieurs versements en provenance du Qatar, de montants se chiffrant en millions ou en dizaines de millions de dollars, sont identifiés. Les limiers de la task force anticorruption, mise en place dans le plus grand secret autour de Chahed, comprennent alors que Jarraya est au cœur d’une organisation de type mafieux aux ramifications inquiétantes. »

La campagne anti-corruption du gouvernement Chahed n’est toutefois pas allée à son terme puisque la vague d’arrestations s’était rapidement essoufflée. S’il avait montré une « volonté réelle de criminaliser la corruption », M. Chahed a toutefois été « limité par les liens entre ces hommes d’affaires soupçonnés de corruption et la coalition au pouvoir », analyse Vincent Geisser dans Middle East Eye.

 

N.B.

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