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Le chef de la diplomatie américaine en tournée au Moyen-Orient pour rassurer ses alliés

Le secrétaire d’Etat des Etats-Unis Mike Pompeo a entamé mardi, en commençant par la Jordanie, une tournée au Moyen-Orient visant notamment à rassurer les alliés des Etats-Unis sur leur implication en Syrie, après l’annonce surprise d’un retrait des troupes américaines stationnées dans ce pays.

Outre Amman, le chef de la diplomatie américaine doit se rendre en Egypte, à Bahreïn, à Abou Dhabi, au Qatar, en Arabie saoudite, à Oman et au Koweït, selon le département d’Etat. La Maison Blanche a également fait savoir qu’il irait à Bagdad, mais cette étape n’a pas été confirmée.

Dans l’avion qui l’emmenait en Jordanie, M. Pompéo a déclaré aux journalistes qu’il voulait montrer que « les Etats-Unis sont toujours impliqués dans toutes les missions dans lesquelles ils se sont engagés ces deux dernières années », explique AFP. Il l’a également affirmé dans un message posté sur son compte Twitter.

Le président américain Donald Trump avait annoncé à la surprise générale, fin 2018, le retrait des soldats américains déployés en Syrie pour combattre l’organisation jihadiste Etat islamique (EI). Son initiative, inattendue, a surpris les alliés des Américains, que Washington tente maintenant à la fois de rassurer et d’encourager à prendre le relais sur le terrain après son départ.

Contre-attaques de l’EI

Le gouvernement américain a multiplié récemment les messages pour éteindre le feu dû à l’impression initiale de départ précipité. Voulant conforter l’idée que les Etats-Unis restaient encore actifs en Syrie, un porte-parole du Pentagone, le commandant Sean Robertson, a indiqué lundi à l’AFP que les forces de la coalition antijihadiste, dirigée par Washington, continuent de fournir une assistance aux « partenaires syriens, avec un soutien aérien et des frappes d’artillerie dans la vallée de l’Euphrate ».

La coalition assiste les Forces démocratiques syriennes (FDS), un groupe organisé de milices arabo-kurdes, dans son offensive contre l’EI dans cette région frontalière avec l’Irak. Dans ce secteur où l’EI n’est pas encore vaincu, car il s’agit de son ultime bastion en Syrie, les jihadistes ont lancé récemment des contre-attaques contre les FDS, faisant plus de 55 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Mike Pompeo a ainsi expliqué lundi, pour les rassurer, que la Turquie avait promis de protéger les combattants kurdes. Des propos qui semblent cependant contredire les menaces répétées de M. Erdogan qui a encore dit mardi que la Turquie était déterminée à « neutraliser les groupes terroristes », en allusion notamment aux Unités de protection du Peuple (YPG), épine dorsale des FDS. Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, a entamé mardi des entretiens en Turquie à propos du retrait américain sur lequel Ankara entend obtenir des détails.

Pas de calendrier

Pour rassurer les alliés occidentaux engagés dans la coalition antijihadiste, le département d’Etat garantit désormais qu’il n’y a « pas de calendrier » pour le retrait militaire, qui sera « extrêmement coordonné » afin de ne « pas laisser de vides que les terroristes pourraient exploiter ».

Pour rassurer enfin les partenaires régionaux, en particulier Israël, qui ont comme ennemi commun l’Iran, ce responsable a confirmé que « le retrait de Syrie de toutes les forces sous commandement iranien » demeurait parmi les « objectifs » de Washington, mais par « d’autres moyens » que la simple présence militaire américaine, indique encore l’AFP.

Otan arabe

L’administration Trump cherche par ailleurs à promouvoir le projet d’un Otan arabe (« Middle East Strategic Alliance ») pour contrer l’influence de l’Iran dans la région. « C’est une coalition qui comprend que les plus grandes menaces, le terrorisme et la République islamique d’Iran, sont des choses sur lesquelles on devrait travailler conjointement et pour lesquelles nous rassemblerons toutes les ressources », a dit M. Pompeo dans l’avion, cité par l’AFP.

Mike Pompeo visitera ainsi au cours de ce voyage les six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), en proie aux divisions entre le Qatar et ses voisins arabes, pour les appeler à converger vers une unité stratégique contre l’Iran.

Les discussions à Abou Dhabi, Ryad, Mascate et Koweït, porteront également sur la guerre au Yémen où un cessez-le-feu est entré en vigueur dans le port de Hodeida à l’issue de négociations de paix saluées par les Etats-Unis. L’administration Trump est sous la pression du Sénat américain qui a voté en décembre une résolution pour que Washington cesse de soutenir militairement au Yémen la coalition menée par l’Arabie saoudite contre les rebelles Houthis appuyés par l’Iran.

Les sénateurs américains sont particulièrement remontés contre le royaume sunnite depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, début octobre dans le consulat d’Arabie à Istanbul. Ils ont adopté une autre résolution, par consentement unanime, accusant le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane d’être « responsable du meurtre », alors même que l’administration Trump a fait savoir qu’elle entendait préserver son alliance avec le royaume.

Mike Pompeo, qui s’était affiché aux côtés du prince héritier au plus fort de l’affaire Khashoggi, va « continuer à faire pression » sur les responsables saoudiens, a dit un troisième responsable du département d’Etat cité par l’AFP. Selon ce diplomate, les « récits » des autorités saoudiennes sur le meurtre n’ont « pas encore atteint le seuil de crédibilité et responsabilité nécessaires ».

N.B., avec AFP

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