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REUTERS/Edgar Su

Christchurch : trois jours après le massacre dans deux mosquées, où en est l’enquête ?

Trois jours après le massacre perpétré dans deux mosquées de Christchurch par un suprémaciste blanc, l’enquête progresse rapidement, en Nouvelle-Zélande et en Australie.

En Nouvelle-Zélande, trois jours après le massacre dans deux mosquées de Christchurch, le tueur présumé, qui comparaîtra dans trois semaines devant la Haute-Cour de justice, a annoncé vouloir se défendre lui-même, sans l’aide d’un avocat, rapporte le quotidien néo-zélandais Otago Daily Times.

La Première ministre Jacinda Ardern a elle confirmé que le gouvernement proposerait des amendements à la loi sur le port d’armes au plus tard dans une semaine.

Les enquêteurs tentent de tout mettre en oeuvre pour remplir les trous du parcours du présumé tueur d’extrême droite Brenton Tarrant, en Nouvelle-Zélande ainsi qu’en Australie, d’où il est originaire. Après avoir retrouvé le lieu où il vivait en Nouvelle-Zélande, à 300 km au sud de Christchurch, c’est la maison de sa soeur en Australie qui a été perquisitionnée ce lundi. “Les policiers ont également retrouvé le club de tir dans lequel il s’entraînait. Les personnes qui le connaissaient semblent stupéfaites de sa cavale mortelle”, explique le média français RFI.

Controverse autour des services secrets

Selon la police, le tueur présumé Brenton Tarrant a agi seul lors des massacres dans les deux mosquées de Christchurch, mais il se peut qu’il ait reçu un soutien logistique. Par ailleurs, une polémique est en train d’enfler sur le rôle des services secrets : pourraient-ils avoir été au courant du projet fomenté par Brenton Tarrant ? L’Otago Daily Times a ainsi révélé ce lundi matin que les services secrets avaient émis 48 alertes l’an dernier.

“Un analyste de la sécurité connu, Paul Buchanan, m’a expliqué que selon lui, pour un pays de cette taille, les services secrets émettraient typiquement une douzaine d’alertes de ce genre, rapporte George Block, journaliste à l’ODT cité par RFI. Là on en est à 48 ! Il dit que cela peut indiquer qu’ils étaient sur une piste. Mais aussi que s’ils n’avaient pas Brenton Tarrant dans leurs dossiers, alors le milieu des services secrets pourrait s’en mordre les doigts et des changements seront à prévoir.”

Sécurité renforcée

Le chef de la police a fait dimanche soir l’annonce d’un renforcement de la sécurité à Christchurch : 200 agents supplémentaires ont été déployés dans les rues de cette ville dont les habitants sont toujours sous le choc. Les écoles, qui avaient été fermées avec tous les élèves confinés à l’intérieur le jour du massacre, ont rouvert ce lundi matin.

Les familles des victimes commencent par ailleurs à recevoir les premiers corps. “Dans la zone du cimetière musulman de Linwood, les fossoyeurs viennent de finir de creuser les tombes pour les 50 victimes. Les enterrements devraient commencer rapidement”, précise RFI.

Les autorités tentent également de rassurer les musulmans de Christchurch, qui depuis deux jours craignent d’être devenus des cibles potentielles de massacres à grande échelle. Elles envisagent même déjà de rouvrir les mosquées du pays d’ici vendredi.

Euronews explique par ailleurs que le volet australien de l’enquête sera transmis ultérieurement aux autorités de Nouvelle-Zélande. Si le fait que Brenton Tarrant ait agi seul constitue maintenant une quasi-certitude, la possibilité que d’autres personnes lui aient fourni un soutien “constitue une partie très importante de notre enquête”, a déclaré Mike Bush, le chef de la police néo-zélandaise.

Les policiers ont par ailleurs interpellé un jeune homme qui avait relayé sur internet la vidéo macabre de l’attaque. Il risque jusqu’à 14 ans de prison.

N.B., avec RFI et Euronews

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