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Claudia Roth : « Les Etats du Maghreb ne peuvent pas encore être considérés comme ‘sûrs’ »

La proposition d’intégration de la Tunisie, de l’Algérie, du Maroc et de la Géorgie dans la liste des pays « sûrs » en Allemagne divise la classe politique allemande et suscite incompréhension et désapprobation de la part de l’opposition, à l’instar de la vice-présidente du Bundestag, Claudia Roth. La membre du parti écologiste de l’Alliance 90 / Les Verts, a en effet considéré cette initiative comme une « attaque contre le droit individuel de l’asile », et appelle les Verts à voter contre ce projet gouvernemental. La femme a également appelé à résister à l’élargissement de la liste des pays sûrs au Bundesrat, rapporte Epoch Times. Pour elle, la Tunisie, le Maroc et l’Algérie sont des pays où certaines minorités continuent d’être persécutées et où les rapports de tortures et les procès inéquitables subsistent. « On ne peut pas si simplement redéfinir la réalité dans ces pays », a-t-elle estimé.

La proposition du gouvernement allemand de classer ces quatre pays comme étant des pays d’origine sûrs pour les migrants vise à accélérer les procédures d’expulsion des ressortissants des pays concernés déboutés par le droit d’asile et à permettre d’opposer des refus aux postulants tunisiens, algériens, marocains et géorgiens au statut de réfugié. Pour l’heure, le parti des Verts a annoncé qu’il s’opposerait à cette proposition de loi au Bundesrat, comme il l’avait fait par le passé.

Les ONG mettent aussi régulièrement en cause cette notion de reclassement, à laquelle d’autres pays comme la Belgique ont eu recours, en rappelant que l’emploi de la notion de sûreté va à l’encontre des principes encadrant les procédures d’examen de demandes d’asile.

« Le principe de l’examen d’une demande d’asile n’est pas de savoir si le pays est ‘sûr’ mais de savoir si la personne court un risque de persécution dans ce pays. Considérer un pays par défaut comme ‘sûr’ sur la base des seuls critères politiques ou sociétaux élude la question fondamentale des motifs personnels et individuels de persécution que le demandeur peut faire valoir, par crainte qu’ils se produisent ou parce qu’il/elle en a déjà été victime. Cette procédure entache la demande d’asile d’un discrédit a priori qui méconnaît l’esprit du droit des réfugiés », avait ainsi fait valoir Euromed Rights en août 2017 dans un communiqué visant à remettre en cause la décision du gouvernement belge d’actualiser sa liste des pays d’origine considérés comme « sûrs ».

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