Coca-Cola

Coca-Cola a dépensé 8 millions d’euros en France pour influencer des scientifiques

Coca-Cola subventionne massivement des publications qui sont favorables à son produit phare.

La firme américaine Coca-Cola aurait dépensé non moins de huit millions d’euros en France pour influencer des professionnels du secteur de la santé et des chercheurs, affirme une enquête du quotidien Le Monde. Selon le journal, l’objectif est de détourner l’attention des effets des sodas et autres boissons sucrées sur la santé. Cet argent a été destiné à « des experts et à diverses organisations médicales, mais aussi sportives ou événementielles », écrit le quotidien.

En France, comme ailleurs, ces financements « relèvent dans leur grande majorité de la communication ou du sponsoring pur, et non d’un authentique travail scientifique », selon Le Monde. Le journal français indique que tout est parti d’une enquête sur le lobbying de la multinationale Coca Cola, publiée en 2015 par le New York Times. « Devant le scandale, la firme promet la transparence et publie sur son site les noms des experts et la liste des activités qu’elle a financées aux Etats-Unis », écrit pour sa part le média français 20 minutes. Ce sont ces données que Le Monde dit avoir « passées au crible ».

La firme empêche aussi des publications

« Diététiciens, nutritionnistes ou médecins du sport : la plupart des dix-huit personnes nommées sont des professionnels de santé – les plus légitimes pour déconseiller la consommation de boissons sucrées à leurs patients, mais aussi dans les médias et les colloques », poursuit Le Monde.

De son côté, 20 minutes indique qu’en outre, une étude d’une revue spécialisée en santé publique, le Journal of Public Health Policy, publiée le 8 mai, révèle que la multinationale américaine « aménage de multiples clauses » pour pouvoir exercer une influence sur la teneur des travaux scientifiques qu’elle sponsorise. Le Monde précise, lui, que la multinationale se réserve ainsi « le droit d’empêcher la publication de tout résultat qui lui déplairait ».

Les auteurs de l’étude, dirigée par Sarah Steele, professeure de droit en santé publique au Jesus College de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), ont pu examiner cinq contrats conclus entre Coca-Cola et des universitaires américains et canadiens de renom. La firme, résume Sarah Steele, « s’y réserve le droit d’interrompre les contrats sans motif » et « les clauses et conditions de ces contrats ne sont pas cohérentes avec les déclarations faites par Coca-Cola sur son site Internet » en matière de transparence.

N.B., avec Le Monde et 20 minutes

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