Conférence à Tunis sur « l’affaire palestinienne cent ans après la déclaration...

Conférence à Tunis sur « l’affaire palestinienne cent ans après la déclaration Balfour »

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Jeudi 2 novembre s’est tenue à Tunis au siège de l’Union des Radios des Etats Arabes(ASBU) une Conférence sur « l’affaire palestinienne cent ans après la déclaration de Balfour », organisée conjointement par le Cercle Diplomatique tunisien et le Centre de la Ligue des Etats Arabes à Tunis.  

Cette Conférence à laquelle ont participé un grand nombre d’invités tunisiens et arabes ainsi que des diplomates accrédités à Tunis a eu lieu alors que le monde arabe et le peuple palestinien se souviennent avec amertume de la « lettre ouverte » datée du 2 novembre 1917 et signée par Arthur Balfour ancien ministre britannique des affaires étrangères et adressée à Lionel Walter Rothschild alors leader de la communauté juive britannique et financier du mouvement sioniste. Dans cette lettre, il était dit en particulier que le Gouvernement britannique « envisageait favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif….étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte…. aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine…. ».

A l’instar des nombreuses rencontres qui se sont déroulées dans le monde arabe et ailleurs à cette occasion, celle de Tunis au cours de laquelle ont pris la parole d’anciens Ambassadeurs de Tunisie,MM. Mohamed Hssairi et Ali Hachani, outre M. Mohamed Lessir,président du Cercle Diplomatique, ainsi que M. Nabil Shaath, conseiller du Président palestinien pour les questions internationales, a permis d’évoquer les conséquences désastreuses de cette lettre pour le peuple arabe de Palestine et pour la stabilité au Moyen Orient.

Les orateur sont, en particulier, expliqué la grande injustice que cette lettre constituait vu que le « droit de tutelle » accordé à la Grande Bretagne par la Société des Nations ne lui donnait aucun droit de disposer de la Palestine d’autant que depuis cette date les exactions contre la population palestinienne et les autres peuples de la région ne se sont pas arrêtées jusqu’à la proclamation unilatérale de l’entité israélienne en 1948 et au-delà. Le silence de la Grande Bretagne et des autres puissances occidentales soutenant l’entité sioniste contredisent même la deuxième partie de la déclaration Balfour. Les agressions que le peuple palestinien subit de la part d’Israël depuis la guerre de 1967 est une autre manifestation du manque de respect par Israël pour les règles du droit international. L’incapacité de l’Organisation des Nations Unies, qui a pris la relève de la Société des Nations et qui a injustement adopté la résolution de partage de la Palestine, à arrêter ces agressions est particulièrement frustrante puisqu’elle est largement due à l’incapacité du Conseil de Sécurité de l’Organisation à mettre en œuvre les nombreuses résolutions adoptées à l’égard d’Israël et ce en raison de la complicité de certains membres permanents et l’utilisation abusive du droit de véto. C’est pourquoi, les participants ont été unanimes à souligner, les marques de célébration organisées récemmentpar le Gouvernement britannique, en compagnie des leaders sionistes, sont particulièrement malvenues et auraient dû être remplacées par des excuses claires exprimées à l’adresse du peuple palestinien.

En dépit de la situation qui prévaut et qui est de nature à provoquer le « pessimisme de la raison » quant à l’avenir, les participants ont relevé le grand élan de sympathie dont la cause palestinienne dispose dans le monde, en particulier aux Nations Unies. Celles-ci, ainsi que les autres organisations du système international, accordent à l’Etat dûment proclamé par les leaders du peuple palestinien une reconnaissance de plus en plus large, de même que de nombreux gouvernements, y compris dans le monde occidental. Maintes initiatives sont lancées, avec la participation de l’Organisation des Nations Unies, pour permettre la reprise des négociations de paix au Moyen Orient, qui sont pratiquement bloquées depuis les accords d’Oslo en raison de l’obstination des extrémistes israéliens qui ne pensent qu’à perpétuer leur mainmise sur les territoires palestiniens par le biais des colonies de peuplement en nombre toujours croissant. Toutefois, cette politique agressive ne peut venir à bout de la détermination de la communauté internationale et de la résistance palestinienne. M.NabilShaath, qui a conclu les débats de la Conférence, a particulièrement mis l’accent sur ce dernier point, voyant dans le resserrement récent de l’unité palestinienne suite à l’accord de Gaza une importante raison d’espoir pour le peuple palestinien. Cette cohésion retrouvée devrait être renforcée par une action plus déterminée du monde arabe qui doit dépasser ses divisions actuelles pour présenter une position commune, notamment vis à vis des initiatives récentes visant à trouver une solution « régionale »aux problèmes du Moyen Orient. Une telle solution, a-il-affirmé, ne peut conduire à une paix réelle que si elle englobe les droits légitimes du peuple palestinien, y compris son droit à un état indépendant dans le cadre des résolutions des Nations Unies, avec El Qods Est comme capitale. Niant toute possibilité d’une solution sur la base d’un transfert des palestiniens dans le territoire d’un autre pays de la région, évoquée par certains dans un but inavoué, il a affirmé qu’Israël a un choix clair à faire : Soit reconnaitre les droits nationaux du peuple palestinien, soit se résigner à faire face à la résistance du peuple palestinien qui ne faiblira jamais. C’est « l’optimisme de la volonté » que M.Shaath oppose au « pessimisme de la raison ».
Le ministère des Affaires étrangères était représenté à cette Conférence par le Secrétaire d’Etat SabriBachtobji qui a fait une intervention à cette occasion.

A.H

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