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Crise palestinienne : les Etats-Unis accusent les Etats arabes d’inaction

Les Etats-Unis ont adressé plusieurs critiques, mardi, à l’endroit de l’ensemble des pays arabes, accusés d’inaction politique et financière dans le cadre du conflit israélo-palestinien. Une position critique qui n’a pas manqué de susciter l’incompréhension, voire la colère des Palestiniens et de certains diplomates arabes.
Ces invectives interviennent dans un climat déjà fortement tendu entre Palestiniens et Américains, qui promettent depuis des mois d’établir un plan de paix pour régler le conflit israélo-palestinien. L’exacerbation des tensions entre les deux parties a également été provoquée par la décision de Donald Trump fin 2017 de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël.
 

Les « sermonnades » de Nikki Haley

« Le moment est venu pour les pays de la région de réellement aider le peuple palestinien au lieu de faire des discours à des milliers de kilomètres », a martelé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, lors de la réunion du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient et la situation à Gaza. « Où sont les pays arabes lorsqu’il faut encourager la réconciliation entre les factions palestiniennes, essentielle pour la paix ? Où sont les pays arabes quand il faut dénoncer le terrorisme du Hamas ? Où sont les pays arabes pour soutenir des compromis pour la paix ? », a-t-elle tancé.
En complément à leur contribution à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), les Etats-Unis ont donné l’an dernier 300 millions de dollars en aide directe, a-t-elle affirmé. Soit, depuis 1993, « plus de 6 milliards de dollars en aide bilatérale aux Palestiniens ». « Combien les pays arabes – dont certains sont riches – ont-ils donné aux Palestiniens ? Sûrement pas autant que les Etats-Unis », a-t-elle asséné. « Nous continuons à chercher des moyens d’aider le peuple palestinien dont la situation est vraiment préoccupante pour nous. Mais nous ne sommes pas des imbéciles. Si nous tendons la main dans l’amitié et la générosité, nous ne nous attendons pas à ce qu’elle soit mordue ». Et d’ajouter : « Nous espérons que d’autres tendent aussi leurs mains. »
Ce feu roulant de critiques et de questions incommodes destiné aux pays arabes a d’ailleurs été dénoncé lors d’une conférence de presse par l’ambassadeur palestinien, Riyad Mansour, avant même la fin de la réunion du Conseil.

Washington doit « assumer ses responsabilités et maintenir ses engagements »

« Je n’ai pas de relations avec l’ambassadrice Nikki Haley à cause de son comportement, elle ne manque jamais une occasion d’être négative à l’égard du peuple palestinien. En fait, elle est devenue plus israélienne que les Israéliens eux-mêmes », s’est insurgé M. Mansour. Aujourd’hui, « elle a insulté de proches alliés des Etats-Unis, comme les pays arabes de la région du Golfe, dont l’Arabie saoudite », en plus de prétendre que « les Etats-Unis sont les seuls contributeurs à l’UNRWA et à soutenir l’effort national palestinien ».
L’ambassadeur saoudien Abdallah al-Mouallimi a également vivement réagi au discours de l’ambassadrice américaine, insistant sur le fait que l’Arabie saoudite « a versé ces deux dernières décennies 6 milliards de dollars aux Palestiniens en assistance humanitaire, en aides au développement et en secours ». Une affirmation toutefois contestée par l’UNRWA, pour qui la somme en question ne s’était montée qu’à « un milliard de dollars ».
Omettant de mentionner la réduction considérable cette année de la contribution financière américaine à l’UNRWA, provoquant un déficit de plus de 200 millions dans son budget, Nikki Haley a également tenu à souligner que « l’an dernier, la contribution à l’UNRWA de l’Iran, de l’Algérie, de la Tunisie a été de zéro ».
A rebours de ces affirmations, l’ambassadeur français François Delattre a lui appelé Washington à « assumer ses responsabilités et maintenir ses engagements ». Idem pour celui qui préside le Conseil de sécurité des Nations unies en juillet, l’ambassadeur suédois Olof Skoog, qui a, rapporte l’AFP, « laissé transparaître son exaspération face à la politique américaine au Proche-Orient ». « Cela fait maintenant plus d’un an qu’on nous parle d’un plan et nous ne l’avons pas encore vu », a-t-il ainsi déclaré à des journalistes.
Les Américains « continuent de dire qu’ils ne sont pas loin de finaliser » leur plan de paix. Mais « nous n’allons pas négocier quelque chose qui est mort-né avant même qu’on l’ait reçu », a pour sa part ajouté Riyad Mansour, en rappelant que les Palestiniens ne considéraient plus les États-Unis comme un médiateur sérieux.
« La seule solution est un dialogue direct entre les deux parties », a de son côté nuancé l’ambassadeur russe adjoint Dimitri Polyanski, qui a ajouté que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov venait de proposer un sommet en Russie, mais que seuls les Palestiniens avaient pour l’heure accepté cette initiative.
Avec AFP

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