Maduro
Nicolas Maduro s'exprime depuis Caracas (Venezuela) le 7 janvier 2019. (MARCELO GARCIA / VENEZUELAN PRESIDENCY / AFP)

Crise politique au Venezuela : les Etats-Unis s’attaquent au pétrole pour fragiliser Maduro

Washington a annoncé des sanctions lourdes contre la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA.

Le gouvernement américain s’en prend à un organisme clé du Venezuela, le cœur de son économie, en annonçant de nouvelles sanctions contre la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA, lundi 28 janvier, dans le but d’accentuer la pression sur le régime de Nicolas Maduro. « Il s’agit des mesures de rétorsion les plus vigoureuses à ce jour de la part de l’administration américaine, qui a reconnu la semaine dernière la légitimité de Juan Guaido, chef de file de l’opposition et président du Parlement vénézuélien, lorsqu’il s’est proclamé chef de l’Etat par intérim », commente France 24.

Rupture des relations diplomatiques

De son côté, Nicolas Maduro accuse l’administration américaine d’agir en sous-main afin d’organiser ce qu’il considère comme un coup d’Etat, et a pris la décision de rompre les relations diplomatiques. Le Venezuela dispose des plus importantes réserves de brut au monde, même si sa production a été freinée ces dernières années par le manque d’entretien des installations.

Le « président responsable » autoproclamé du Venezuela, Juan Guaido, a parallèlement annoncé lundi, dans un communiqué diffusé sur Twitter, qu’il prenait le contrôle des actifs du Venezuela à l’étranger, pour éviter que Nicolas Maduro ne les « dilapide » au cas où il quitterait la présidence du pays. Cité par des agences de presse, il a assuré que « nous commençons la prise de contrôle progressive et ordonnée des actifs de notre République à l’étranger, pour empêcher qu’au moment de sa sortie l’usurpateur et sa bande cherchent à ‘gratter les fonds de tiroir’ ».

« Un chemin illégal », dénonce Maduro

PDVSA est accusée par le Trésor américain d’être « un véhicule de corruption ». Les raffineries de Citgo, filiale de PDVSA aux Etats-Unis, pourront continuer à fonctionner, les transactions financières passant par un compte bloqué, a précisé le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

Nicolas Maduro n’a pas tardé à répliquer lundi à la télévision d’Etat vénézuélienne, en affirmant avoir « donné des instructions précises au président de PDVSA pour engager les actions politiques et les procédures judiciaires légales, devant les tribunaux américains et du monde, pour protéger la propriété et la richesse de Citgo ».

« Le sang qui peut couler au Venezuela sera sur vos mains, Donald Trump », a-t-il encore lancé lundi. « Les Etats-Unis ont décidé aujourd’hui de prendre le chemin de voler l’entreprise Citgo au Venezuela, c’est un chemin illégal », a-t-il par ailleurs dénoncé lors d’une cérémonie pour accueillir les diplomates vénézuéliens de retour au pays après la rupture des relations diplomatiques entre Caracas et Washington.

Absence d’unité au sein de la communauté internationale

Le Venezuela est au centre de l’échiquier diplomatique international : du côté de Juan Guaido se rangent notamment les Etats-Unis, une grande partie de l’Europe et de l’Amérique latine, tandis que Nicolas Maduro est soutenu par la Russie, la Chine, la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba.

Jusqu’ici, six pays européens – Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal et Pays-Bas – ont donné à Maduro jusqu’à dimanche pour convoquer de nouvelles élections, faute de quoi ils reconnaîtront Juan Guaido comme président. Mais le président vénézuélien, inflexible, rejette l’ultimatum des Européens.

N.B., avec AFP et Reuters 

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