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Danger d’une famine « grande et imminente » au Yémen, selon l’ONU

Le Yémen fait face à « un danger clair et présent d’une famine imminente et géante », a alerté mardi le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, devant le Conseil de sécurité lors d’une réunion convoquée par le Royaume-Uni sur la dégradation de la situation humanitaire dans le pays. Il a dit que la moitié de la population pourrait en être victime, selon un nouveau bilan établi par les organisations humanitaires. Le nombre total de personnes confrontées à des conditions préludant la famine et dépendant ainsi entièrement de l’aide extérieure pour survivre, pourrait en effet bientôt atteindre non pas 11 millions, mais 14 millions de personnes.

Une situation qui empire

« Le 21 septembre, je vous ai averti que nous perdions la lutte contre la famine au Yémen. Depuis lors, la situation a empiré », a dit M. Lowcock devant les membres du Conseil de sécurité. Le mois dernier, le responsable avait notamment pointé du doigt l’intensification des combats autour de la ville portuaire de Hodeïda, qui ont fortement endommagé les infrastructures permettant la fourniture de l’assistance humanitaire et sur lesquelles reposent les importations commerciales. « Il existe maintenant un danger clair et présent de grande et imminente famine submergeant le Yémen : bien plus grand que tout ce que tout professionnel dans ce domaine a connu au cours de sa vie professionnelle », a-t-il encore averti.

Le responsable a ainsi a tout d’abord réclamé une cessation des hostilités « dans et autour de toutes les infrastructures et installations dont dépendent les opérations d’assistance » et les importations commerciales. Mais « les parties du conflit continuent de violer le droit humanitaire international », a-t-il dénoncé, en pointant par exemple l’occupation d’entrepôts contenant de la nourriture ou le saccage de plusieurs hôpitaux.

Mark Lowcock a rappelé que dans le cadre de la situation humanitaire yéménite, trois critères permettraient d’officiellement déclarer une situation de famine : un foyer sur cinq fait face à un manque extrême de nourriture, plus de 30 % d’enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition, et au moins deux personnes sur 10 000 décèdent chaque jour.

Pour éviter d’en arriver là, outre un « cessez-le-feu humanitaire », il est nécessaire de protéger l’approvisionnement en denrées alimentaires dans le pays, d’aider financièrement l’économie via la Banque centrale, de renforcer l’aide humanitaire en rouvrant et rendant plus sûrs les axes de transport et de faire en sorte que les belligérants s’engagent dans une résolution politique du conflit, a-t-il déclaré.

Depuis 2015, le Yémen fait face à une guerre sanglante opposant les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, qui contrôlent le port de Houdeïda ainsi que la capitale Sanaa, à une coalition arabe sous commandement saoudien qui défend le gouvernement réfugié à Aden, dans le sud du pays. En plus de trois ans, le conflit a fait près de 10 000 morts, selon l’ONU.

N.B.

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