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De Ben Guerdane à Kébili : quand la société civile fait toute la différence dans la lutte contre le terrorisme

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Un an est passé depuis la célèbre « Epopée de Ben Guerdane », l’attaque terroriste la plus organisée sur le sol tunisien, dont le but était littéralement de s’emparer d’une partie du territoire du pays afin de l’annexer à l’Etat Islamique, encore actif en Libye.
Cette attaque date du 7 mars 2016, quand un groupe de terroristes estimé à plusieurs centaines d’hommes massivement armés s’est introduit de la Libye dans la ville frontalière de Ben Guerdane avec l’appel matinal à la prière. Ces derniers divisés en petits groupes opérant de manière méthodiques abattent d’emblée deux officiers de sécurité chargés de lutte antiterroriste. S’en suivent des attaques organisées contre une caserne de l’armée, un poste de police et le quartier général de la garde nationale. Via des mégaphones, les assaillants à la solde de l’EI appellent la population à les soutenir.
En effet, c’est sans compter sur le patriotisme des habitants de Ben Guerdane, dont la plupart étaientt corps et âme du côté des forces nationales. Qui de nous ne se souvient pas des photos et vidéos surréalistes où de simples citoyens sans armes ni protection quelconque se positionnaient à proximité des soldats tunisiens, les prévenant des sources possibles des tirs. La bataille de Ben Guerdane a fait au total 13 martyrs dont 7 civils en plus de 14 blessés. Le bilan du côté des assaillants était bien plus lourd puisque 49 ont été abattus et 8 capturés, tout en faisant échouer le plan machiavélique de l’EI.
Il y a quelques jours, le chef du Gouvernement Youssef Chahed à la tête d’une importante délégation ministérielle a annoncé une série de mesures en faveur de la région, dont la création d’une zone industrielle de 15 hectares. Pour les braves citoyens de la région qui ont exprimé leur appartenance à l’Etat tunisien bien avant que ce dernier ne le leur fasse sentir, c’est la moindre des choses.
Hier, à Kébili, le très extrémiste bataillon du Forkan, qui s’est détaché de Daech parce qu’il trouvait ses méthodes « trop soft », a effectué une attaque violente contre une patrouille au niveau du rond-point de Jenaoura. En effet, vers 00h40, quatre terroristes sur deux motos ont surpris trois agents de patrouille dans leur véhicules, ils ouvrent le feu, un premier martyr, Moudhafar Ben Ali, 30 ans, originaire de Tombar, est mort sur le coup. Un second, blessé, subira plus tard une opération chirurgicale. La troisième riposte tue un terroriste par balles, blesse mortellement un second, puis un troisième, le quatrième prend la fuite. Ce dernier sera d’ailleurs arrêté par la suite, à l’issue d’une vaste opération de ratissage.
Un fait important à signaler, les deux motos qui ont servi dans l’attaque étaient chargées de trois sacs truffés d’explosifs confectionnés de manière artisanale. Selon une source sécuritaire, les quatre assaillants avaient prévu de voler le véhicule de la patrouille, le charger des explosifs en leur possession, et foncer sur une caserne dans un attentat suicidaire susceptible de faire un maximum de victimes parmi nos forces armées.
Ce plan tombe à l’eau, comme celui de Ben Guerdane avant lui, grâce à la bravoure incontestée des forces sécuritaires, mais aussi l’implication des citoyens. Un habitant de la région s’est rendu sur la place de l’attaque, après avoir entendu les coups de feu. Ce dernier aurait empêché l’un des terroristes blessés à regagner sa moto et la faire exploser. Le citoyen affirme avoir remarqué les sacs d’explosifs et le blessé qui criait Allahou Akbar. L’existence des sacs a d’ailleurs était confirmée plus tard via un communiqué officiel du ministère de l’Intérieur.
A Ben Guerdane comme à Kébili, dans des zones reculées du territoire tunisien, qui souffrent depuis des décennies de la marginalisation et du manque de ressources, les tunisiens n’ont pas hésité à soutenir les forces sécuritaires et l’armée nationale, à s’exposer au danger et à se dresser contre des terroristes suicidaires qui ne reculent devant rien. La société civile tunisienne, a pu éviter le pire au pays, de par sa solidarité et son sens patriotique. Elle a d’ailleurs était le garant le plus fiable de la transition démocratique, permettant à la Tunisie d’être classée comme le seul pays arabe vivant un véritable processus démocratique. Comparé aux autres pays du printemps arabe, la Libye à côté, la Syrie ou l’Egypte, notre situation est bien différente. Et ce sont les citoyens tunisiens qui ont fait cette différence. Même si le danger du terrorisme plane sur nous comme sur la planète entière, nous pouvons toujours compter sur la conscience pacifique des tunisiens qui rejettent pour la plupart les idées extrémistes et le recours à la violence.
N.B

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