la Ligue des États Arabes

De l’adhésion de la Tunisie à la Ligue des États Arabes

La presse égyptienne s’était beaucoup attardée sur le retard accusé par la Tunisie pour devenir membre de la Ligue Arabe. C’est ainsi que l’hebdomadaire à grand tirage « Rose-elyoussef » rapportait dans son édition du 14 Janvier 1957 que le Président Bourguiba aurait promis à la France de ne pas adhérer à la Ligue et qu’il existait un projet de création d’un groupement nord-africain qui serait le pendant occidental du Pacte de Baghdad pour assiéger l’Egypte. Le journal « Al Masâa » du 21 Mars 1957 écrivait que « nous faisons confiance à ce pays arabe pour qu’il ne soit pas la porte d’entrée des tentatives colonialistes qui cherchent à dominer le monde arabe ».

La découverte, en Février 1958, soit au lendemain du bombardement français du village de Sakiet Sidi Youssef, d’un complot yousséfiste à partir du Caire tendant à l’assassinat du Président Bourguiba reporta sine die l’entrée de la Tunisie à l’organisation arabe. Dr Mokaddem, alors Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères, est dépêché en Avril 1958 au Caire pour exiger du Président Nasser le respect de la souveraineté tunisienne et l’expulsion de Salah Ben Youssef de l’Egypte.

 

Au cours de l’été 1958,le nouveau régime irakien du Général Abdelkarim Kacem prit l’initiative de convaincre la Tunisie de demander son adhésion à la Ligue Arabe en soulignant en particulier qu’une nouvelle atmosphère régnait au sein de l’organisation arabe. La réunion du Conseil de la Ligue, tenue à Beyrouth en Octobre 1958, qui devait officialiser l’entrée de la Tunisie, donna lieu à des remous. M. Habib Chatty, Ambassadeur de Tunisie au Liban et chef de la délégation tunisienne, déclara notamment dans son intervention au Conseil que « nous avons été exigeants avec nous-même et ceci nous autorise à être exigeants avec autrui, nous demandons à la Ligue Arabe d’éviter que l’un de ses membres ne soit porté à vouloir dominer les autres et à leur imposer ses idées ». Irrité par ces propos, le chef de la délégation égyptienne quitta la réunion après avoir indiqué que « les accusations du délégué tunisien sont les mêmes  que celles diffusées et répandues par les journaux et les agences impérialistes ».

Cette situation débaucha sur le gel de la participation de la Tunisie à la Ligue Arabe quelques jours après son admission ainsi que la rupture des relations diplomatiques avec l’Egypte. Le gouvernement tunisien publia un mémorandum affirmant en particulier que « les relations avec l’Egypte ont été à un tel point détériorées que toute coopération entre les deux Etats est devenue pratiquement impossible et qu’il est par conséquent impossible au gouvernement tunisien de coopérer au sein d’une organisation régionale comme la Ligue des Etats Arabes avec un Etat qui loin de lui inspirer confiance qui l’a ostensiblement défié et qui a ouvertement cherché à s’immiscer dans ses affaires intérieures ».

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