اللجنة العليا التونسية الموريتانية

DE L’APPARTENANCE A DES ALLIANCES MILITAIRES

Sur le fond ensuite :
— La justification politique de l’intégration à l’une et l’autre des deux alliances est l’importance de donner un signe irréfutable de la contribution de notre pays à la lutte anti-terroriste dans le monde, ce qui est un objectif méritoire. Mais, n’avons-nous pas défait cet objectif en annonçant presque aussitôt que nous n’avons aucunement l’intention ni la capacité d’apporter une contribution militaire à ces deux entreprises ? Si nos alliés pourraient comprendre la modestie de nos moyens militaires, nos ennemis, eux, pourraient en tirer réconfort ce qui pourrait leur donner l’idée que notre pays constitue le maillon faible des deux alliances, sans pour autant nous trouver grâce à leurs yeux puisque ils ont déjà décidé que tous les membres des deux groupements seraient, le moment venu, des cibles privilégiées de leurs actes ignobles. Est-il possible que nous ayons ainsi réduit notre sécurité au lieu de la rehausser ? Avons nous reçu l’assurance qu’en cas d’aggravation du danger terroriste sur nos frontières l’une ou l’autre de ces deux alliances serait au rendez vous ?
–L’insistance de nos dirigeants sur le fait qu’aucune des deux alliances ne nous prive de notre liberté d’action et de nos bonnes relations avec les pays qui se sentiraient visés ou contrariés par leur action éventuelle, entre dans le cadre des vœux pieux, car le propre d’entreprises de cette nature est d’engager chacune et toutes ses composantes. Avons-nous exigé qu’avant toute action politique ou militaire collective ou individuelle menée au nom de l’une ou l’autre de ces deux alliances une concertation se fasse entre tous les membres dans un cadre institutionnel préétabli ? Pas à ma connaissance. De là à imaginer que des mesures puissent être prises à notre insu au nom de l’alliance ayant son siège à Ryad et visant des parties religieuses données-par exemple les chiites iraniens, yéménites ou libanais-il n’y a qu’un pas. Nous risquerions alors de nous trouver, contre notre volonté, impliqués dans un conflit sectaire qui ne nous concerne pas. Quel avantage y a- t-il d’ailleurs pour quiconque à aggraver ce vieux conflit en terre d’Islam alors que le monde, sous la direction de l’Organisation des Nations Unies, appelle à un dialogue des civilisations et des religions ? A moins qu’il ne s’agisse que d’une lutte d’influence menée dans notre région sous le couvert de la religion, lutte dans laquelle la Tunisie n’a aucun intérêt.

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