Le président russe, Vladimir Poutine, et son Premier ministre Dmitri Medvedev, à Moscou, le 15 janvier 2020. Photo : Alexey Nikolsky / Sputnik / Kremlin, Reuters

Démission du gouvernement russe après que Poutine a annoncé une réforme constitutionnelle

Le gouvernement russe a démissionné de manière inattendue mercredi après que le président Vladimir Poutine a proposé des changements constitutionnels radicaux qui pourraient lui permettre d’étendre le pouvoir de son régime, indique l’agence Reuters.

Le Premier ministre Dmitri Medvedev a déclaré qu’il démissionnait pour donner à Poutine la possibilité de procéder aux changements qui, s’ils étaient mis en œuvre, transféreraient le pouvoir au Parlement et au Premier ministre.

L’attention s’est immédiatement tournée vers les possibles personnalités pressenties pour devenir Premier ministre. Le spectre des candidats possibles comprenait notamment le maire de Moscou, Sergei Sobyanin, réputé pour avoir donné un nouveau souffle à la capitale. Mais quelques heures après la démission du gouvernement russe et de son chef Dmitri Medvedev, Vladimir Poutine a proposé le chef du service fédéral des impôts Mikhaïl Michoustine au poste de Premier ministre. Celui-ci a accepté.

Les changements de mercredi seront considérés par beaucoup comme le début des préparatifs de M. Poutine en vue de son propre avenir politique lorsqu’il quittera la présidence en 2024. Au pouvoir dans l’un des deux rôles depuis 1999, Poutine devrait démissionner en 2024, à la fin de son quatrième mandat présidentiel.

« Ces changements [annoncés par M. Poutine], une fois adoptés, (…) apporteront des changements significatifs non seulement à toute une série d’articles de la Constitution, mais aussi à l’équilibre du pouvoir, du pouvoir exécutif, du pouvoir législatif, du pouvoir judiciaire, a expliqué, selon les agences russes, M. Medvedev. Dans ce contexte, il est évident que nous, en tant que gouvernement de la Fédération de Russie, devons donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s’imposent. C’est pour cela (…) que le gouvernement dans son ensemble donne sa démission. »

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Plus tôt dans la journée, lors de son allocution annuelle devant les membres du Parlement, M. Poutine a proposé la tenue d’un référendum en vue de l’adoption de ces réformes. « Je juge nécessaire de soumettre au vote des citoyens du pays l’ensemble des révisions de la Constitution proposées », a-t-il déclaré dans son allocution, sans pour autant préciser les échéances du calendrier.

« La Russie doit rester une république présidentielle forte »

La principale mesure annoncée vise à donner un rôle plus important au Parlement dans la formation du gouvernement, en lui octroyant la prérogative d’élire le premier ministre que le président sera alors obligé de nommer. Actuellement, la Douma confirme le choix du chef de l’Etat. Selon M. Poutine, il s’agit d’un changement « significatif » pour lequel il a jugé la Russie assez « mûre ». Pour Le Monde, le président ne semble, cependant, pas prendre trop de risques puisque les deux chambres du Parlement sont aujourd’hui dominées par des forces pro-Poutine et ne s’opposent jamais aux volontés du Kremlin.

Néanmoins, Vladimir Poutine, dont l’actuel mandat s’achève en 2024 et qui, en l’état actuel de la législation, n’a pas le droit de se représenter aux prochaines élections, a souligné que son pays devait rester dirigé par un système présidentiel. « La Russie doit rester une république présidentielle forte, c’est pourquoi le président, bien sûr, gardera le droit de fixer les missions et les priorités du gouvernement », a-t-il ainsi expliqué.

Ainsi le chef de l’Etat conservera le droit de limoger tout membre du gouvernement, nommera les chefs de toutes les structures sécuritaires, et pourra écarter les présidents des Cours suprême et constitutionnelle. M. Poutine a aussi, quoique vaguement, évoqué la question d’un changement de l’article qui limite le nombre des mandats présidentiels « à deux mandats successifs ». L’ensemble de ces annonces va donc continuer de nourrir les interrogations quant à son avenir politique au-delà de l’arrivée à échéance de son actuel mandat présidentiel.

N.B., avec AFP, Reuters et Le Monde

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