Nikki Haley

Démission surprise de Nikki Haley, l’ambassadrice de Trump à l’ONU

L’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, Nikki Haley, a annoncé sa démission, créant une surprise générale. C’est la dernière d’une longue liste de démissions au sein de l’équipe stratégique du président américain Donald Trump.

« Elle m’a dit il y a environ six mois qu’elle souhaitait prendre une pause », a justifié mardi le président américain, vantant le « travail fantastique » de son « amie ». « Elle a été très spéciale pour moi », a-t-il insisté, comme pour minimiser le choc politique créé par le départ inattendu de cette personnalité populaire aux Etats-Unis.

M. Trump a précisé que cette démission serait effective « à la fin de l’année » et qu’il dévoilerait le nom du successeur de Mme Haley « d’ici deux ou trois semaines ». En se rendant hier, en début de soirée, dans l’Iowa pour une réunion publique, il a indiqué devant la presse avoir présélectionné cinq personnalités pour remplacer Nikki Haley, ajoutant que Dina Powell, ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale, faisait partie des candidats pressentis. Le président avait également évoqué plus tôt l’hypothèse d’une désignation de sa fille Ivanka Trump, disant que « ce serait de la dynamite » mais qu’il serait « accusé de népotisme ». La fille du président a ensuite elle-même exclu cette possibilité dans un tweet.

« Ambitions politiques ? »

Nikki Haley, 46 ans, à qui l’on prête régulièrement des ambitions présidentielles, a assuré qu’elle ne serait pas candidate à la présidentielle de 2020 et qu’elle soutiendrait Donald Trump. « Il est important de savoir quand il est temps de faire un pas de côté et laisser quelqu’un d’autre faire le travail », a-t-elle seulement expliqué, entretenant le mystère sur ses vraies motivations.

« Ambitions politiques ? Désaccords de fond au lendemain de l’arrivée du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême malgré des accusations d’abus sexuels ? Besoin de se renflouer dans le privé alors que ses déclarations d’intérêts font apparaître d’importantes dettes ? Ou alors le risque soulevé par une enquête potentielle réclamée la veille de sa démission par une association de défense de l’éthique sur sept vols en avions privés offerts l’an dernier à l’ambassadrice par des hommes d’affaires ? », demande le journal français La Croix. Son départ a en tout cas pris de court ses collègues à Washington et à l’ONU, où son bilan a été globalement salué.

Cet événement fait suite à de nombreux limogeages et démissions autour du président en près de deux ans et l’équipe diplomatique initialement mise en place par l’administration américaine aura ainsi été totalement remodelée, après l’arrivée au printemps de M. Pompeo à la tête du département d’Etat et de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale.

Aux Nations unies, Nikki Haley a porté une ligne diplomatique dure, notamment contre la Corée du Nord et l’Iran, les deux priorités diplomatiques de Donald Trump. Elle s’y faisait également l’écho des réprobations du milliardaire républicain à l’égard de l’ONU, considérée comme une bureaucratie inefficace dans laquelle Washington investit beaucoup trop d’argent mais aussi comme une institution avec d’évidents “biais anti-israéliens”.

Selon Stephen Pomper, de l’International Crisis Group, elle était à cet égard « un facteur de division, attaquant les institutions et les ONG qui défendent la transparence et les droits fondamentaux, et travaillant à transformer l’aide humanitaire en arme politique ».

Fille d’immigrés indiens et gouverneure de Caroline du Sud de janvier 2011 à janvier 2017, Nikki Haley n’a pas toujours soutenu les prises de position de Donald Trump. En février 2016, elle avait déclaré que le président incarnait « tout ce qu’un gouverneur ne veut pas d’un président ». Juste avant la victoire de M. Trump en novembre 2016, elle disait qu’elle n’était « pas fan » du candidat républicain. Mais elle s’est ensuite taillé une place de choix dans l’environnement de Trump. Si elle a laissé entendre l’existence de désaccords avec le président, notamment lorsque ce dernier n’a pas clairement condamné les sympathisants nazis après la mort d’une manifestante antiraciste lors des violences de Charlottesville de l’été 2017, elle a toujours pris soin de ne pas les étaler sur la place publique.

N.B., avec AFP

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