dépenses militaires

Les dépenses militaires mondiales en hausse (Sipri)

Selon le dernier rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), publié lundi 29 avril, les budgets militaires se sont élevés à 1822 milliards de dollars l’an dernier, soit une progression de 2,6 % par rapport à 2017.

Le monde poursuit « sa course effrénée aux armements », commente le journal français La Croix. D’après le dernier rapport de référence de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), publié lundi 29 avril, les dépenses militaires mondiales se sont élevées à 1822 milliards de dollars en 2018, soit une progression de 2,6 % par rapport à l’année précédente et de 5,4 % par rapport à 2009. En hausse pour la deuxième année consécutive, ce budget atteint ainsi son plus haut niveau depuis 1988, et représente désormais 2,1 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. « Les dépenses militaires mondiales ont progressivement augmenté après le creux atteint après 2009 en 2014. Elles sont maintenant supérieures de 76 % par rapport au minimum enregistré après la guerre froide en 1998 », précise le Sipri sur son rapport.

« Dans le classement des Etats les plus dépensiers, Washington et Pékin font toujours la course en tête, concentrant à eux seuls la moitié de cette addition aux colonnes astronomiques. Pour la première fois depuis 2010, la facture de l’industrie de guerre américaine a ainsi augmenté de 4,6 %, atteignant [649 milliards de dollars] en 2018 », commente encore La Croix.

https://twitter.com/SIPRIorg/status/1123175170095624193

« Cette dernière hausse est corollaire de la mise en œuvre, dès 2017, de nouveaux programmes d’achat d’armement sous l’administration Trump, dans le sillon des grands projets de modernisation de l’arsenal nucléaire amorcés sous l’ère Obama », explique à La Croix Aude Fleurant, directrice du programme de transferts d’armes et de dépenses militaires au Sipri. Cette tendance à la hausse devrait encore se poursuivre dans les années à venir, alors que Washington a demandé au Congrès un budget de 750 milliards de dollars pour 2020.

La France en cinquième position

La Chine – dont les dépenses ont augmenté de 83 % depuis 2009 – maintient de son côté, avec un budget de 250 milliards de dollars, sa deuxième place devant l’Arabie saoudite. Une augmentation qui selon les chercheurs du Sipri est en étroite relation avec la croissance économique globale du pays. De son côté, l’Inde a vu en 2018 ses dépenses militaires croître de 3,1 % pour atteindre 66,5 milliards de dollars. Elle est classée devant la France, en cinquième place, avec environ 63,8 milliards de dollars, soit une baisse de 1,4 % en 2018.

Le sentiment d’une menace russe stimule les dépenses militaires

Ailleurs sur le continent, plusieurs pays d’Europe centrale et orientale ont aussi fortement augmenté l’an dernier leurs dépenses militaires. C’est le cas notamment de la Pologne, avec un budget de dix milliards, en hausse de 8,9 %, ou de l’Ukraine, pour laquelle les dépenses militaires ont augmenté de 21 % en raison du conflit avec les séparatistes pro-russes du Donbass. Une augmentation « en grande partie due aux sentiments grandissants d’une menace russe », soulignent les analystes du Sipri. Concernant l’Europe occidentale, le journal suisse Le Temps estime que ce sont les « remontrances » du président américain Donald Trump à l’égard de ses alliés européens accusés de tirer profit de la protection de Washington qui « semblent avoir produit ces effets » à la hausse : l’Europe occidentale a ainsi légèrement augmenté (1,4 %) ses dépenses militaires.

Les sanctions imposées depuis 2014 par les pays occidentaux à la Russie, conjuguées à des difficultés économiques, ont considérablement restreint le budget du Kremlin consacré à la défense, analyse encore La Croix. Pour la première fois, la Russie quitte ainsi le top cinq, passant de la quatrième à la sixième place avec un budget de 61,4 milliards de dollars.

Exception africaine

Par ailleurs, six des dix pays au sein desquels les dépenses militaires pèsent le plus fortement sur la richesse nationale (en PIB) se trouvent au Moyen-Orient : il s’agit de l’Arabie saoudite (8,8 % du PIB), d’Oman (8,2 %), du Koweït (5,1 %), du Liban (5 %), de la Jordanie (4,7 %) et d’Israël (4,3 %).

En revanche, dans le continent africain, les dépenses militaires ont reculé de 8,4 % malgré la persistance de nombreux conflits, indique le Sipri. Il s’agit cette année de la quatrième baisse consécutive après un pic observé en 2014. « L’Algérie, l’Angola mais aussi le Soudan ont significativement coupé dans leur budget militaire. Cette diminution s’explique par la baisse du cours du pétrole et, s’agissant du Soudan, par l’instabilité politique qui paralyse le pays », analyse Le Temps.

N.B.

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