Des archives dévoilent le soutien de la CIA aux fondateurs des frères...

Des archives dévoilent le soutien de la CIA aux fondateurs des frères musulmans

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En 1959, Saïd Ramadan, fondateur des Frère musulmans et gendre d’Hassan el-Banna, fuit le régime nassérien et se réfugie en Suisse. C’est là qu’il crée le Centre Islamique de Genève, premier institut consacré à la religion musulmane en Europe.
L’homme était de même l’un premiers fondateurs de la Ligue islamique mondiale que les saoudiens ont inspiré. Saïd Ramadan pouvait dans ses projets compter sur des alliés forts. En effet, une note confidentielle des services secrets suisses, datant du 17 août 1966, atteste de « la sympathie » de la police fédérale de la protection de l’Etat (BUPO) pour Ramadan en ajoutant : « Il est très certainement en excellents termes avec les Anglais et les Américains ».
Réfugié VIP en Suisse
Le 5 juillet 1967, l’homme est décrit de la sorte dans un autre document secret : « un agent d’information des Anglais et des Américains. De plus, je crois savoir qu’il a rendu des services – sur le plan d’informations – à la BUPO ».
Le 3 juillet 1967, le chef du Service du Ministère public fédéral accorde à Ramadan un permis de séjour alors qu’il est en situation illégale et qu’on aurait dû l’expulser depuis le 31 janvier de la même année. Le document explique que cet acte est motivé par l’éventualité « que les amis de Saïd Ramadan prennent le pouvoir dans les mois à venir dans l’un ou l’autre État aujourd’hui qualifié de progressiste ou socialiste ». Une preuve supplémentaire de ses liens solides dans les sphères du pouvoir.
Dans Une Mosquée à Munich, Ian Johnson, journaliste américain et lauréat du prix Pulitzer a dévoilé les liens entre les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident. Dans ce contexte, il indique comment les allemands durant la Seconde Guerre Mondiale manipulaient les musulmans de l’URSS (les Tchétchènes, les Kazakhs, les Ouzbeks) pour les monter contre les communistes et leur athéisme. Les américains par la suite ont poursuivi la même stratégie durant la guerre froide, l’invitation d’une délégation des musulmans (dont Saïd Ramadan) par la Maison-Blanche confirme l’ampleur de l’appuie de l’administration américaine aux islamistes de l’époque.
Ami de l’administration américaine
Le site francophone Oumma.com, a publié le 28 octobre 2016 une photo du président Eisenhower, entouré des membres de la délégation dont Saïd Ramadan. Eisenhower affirmait à l’époque que « notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme », en parlant des liens avec les leaders de confession musulmane. Plus tard, Ramadan renforcera sa position en Europe en traitant avec Bob Dreher, l’agent de la CIA à Munich.
Depuis son obtention d’un doctorat en droit de l’Université de Cologne pour sa thèse intitulée « La charia, le droit islamique, son envergure et son équité », l’homme rêvait que ses idées fassent la conquête du vieux continent. Selon Ian Johnson, « Installé à Genève, il considérait Munich, à une journée de route de son domicile, comme l’endroit idéal où établir une sorte de base avancée ». Ses mouvements ont-ils été soutenus financièrement par le CIA ?
Dans ce cadre, n’ayant pas accès à certaines archives, le journaliste américain conclue « Tout indique que Dreher et l’Amcomlib (ou American Committee for Liberation from Bolshevism) eurent recours aux moyens financiers et politiques à leur disposition pour donner un coup de pouce au principal représentant des Frères musulmans en Europe ».
Conclusion
Une chose est sure, les fondateurs des Frères musulmans ne manquaient pas de moyens à l’époque. Selon René Naba, ex responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’AFP, Saïd Ramadan fournissait des services à la Jordanie et à l’Arabie Saoudite, il voyageait d’ailleurs muni d’un passeport diplomatique jordanien. Son gendre quant à lui roulait en Cadillac menant une vie sans soucis d’argent…

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