Deux associations tunisiennes dans le Minorities Fellowship Program 2019 de l’ONU

Deux associations de soutien aux minorités participent cette année à un programme onusien d’un mois ayant pour objectif de doter de jeunes représentants de minorités religieuses, ethniques ou linguistiques de connaissances leur permettant de défendre leurs droits. Une occasion en or pour à la fois faire valoir les droits des minorités en Tunisie et outiller leurs représentants en matière de mécanismes de défense des droits humains.

Il s’agit du Programme de bourses pour les minorités, ou MFP (Minorities Fellowship Programme), qui offre aux participants retenus dans le cadre du programme une formation d’un mois qui leur fournira un appui considérable en matière de compétences et de connaissances dans le domaine des droits de l’homme. Le MFP a lieu du 6 novembre au 4 décembre 2019 à Genève, en Suisse, centre névralgique des Nations unies en Europe. Les boursiers pourront également participer à la 12e session du Forum sur les questions relatives aux minorités.

Deux associations tunisiennes, l’Association Tamount pour la culture amazighe en Tunisie et l’Association tunisienne de soutien des minorités (ATSM), ont cette année été des candidates heureuses à ce programme. Nouha Grine, militante associative et présidente de l’association Tamount, a été nommée cette année mentor et coordinatrice au sein de ce projet. Dans le cadre de ce forum d’éducation, il s’agira de défendre les minorités religieuses et linguistiques. L’association Tamount défendra ainsi la reconnaissance de l’histoire du peuple amazighe et de ses droits linguistiques en Tunisie.

Happy to return to Geneva to join the Fellowship program with the indigenous people and minority section as an expert mentor for this year and be a part of the Fellowship program

Publiée par Nouha Assirem Grine sur Jeudi 7 novembre 2019

Ghassen Ayari, jeune membre de l’ATSM, représentera quant à lui les minorités religieuses de Tunisie, une première. Sa formation au sein de ce programme de bourse tombe par ailleurs avec la 34e session du troisième cycle de l’Examen périodique universel (EPU). Ce mécanisme onusien, qui consiste à passer en revue les réalisations de l’ensemble des 193 Etats de l’ONU dans le domaine des droits de l’homme, constitue un moment de partage des meilleures pratiques en matière de droits de l’homme à travers le monde. Ghassen en a profité, indiquant au Diplomate Tunisien avoir participé le vendredi 8 novembre à Genève, en tant qu’observateur, à l’Examen périodique universel (UPR) relatif à la situation iranienne en matière de droits de l’homme.

Donner une voix aux minorités religieuses et linguistiques

Il prendra une part plus active à une session de débats qui devrait avoir lieu le 27 novembre lors d’un forum qui sera consacré aux minorités dans le cadre du MFP pour lequel il a été sélectionné en tant que « fellow ». « C’est la première fois cette année que la Tunisie donnera une voix à ses minorités chrétienne et juive au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Et c’est la deuxième fois que notre pays y participe », se félicite-t-il, rappelant que Nouha Grine a été l’année dernière la première Tunisienne à participer à ce programme de formation, également en tant que fellow.

« La délicate question des minorités religieuses en Tunisie, sujet assez peu évoqué, pourra cette année être débattue avec des acteurs internationaux et des experts. C’est une chance et une occasion que nous sommes heureux de saisir », a dit Ghassen Ayari, qui se trouve actuellement, avec les autres participants, au Conseil de l’Europe à Strasbourg pour une semaine de travail et de débats avec des experts. Ils bénéficieront aussi de cours de formation sur les mécanismes des droits de l’homme au sein du conseil de l’Europe et visiteront certaines institutions telles que la Cour européenne des droits de l’homme.

Un programme formateur

Plusieurs programmes de bourses et de formation ont été mis en place par le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) pour donner plus de poids au rôle de la société civile dans les mécanismes de défense des droits de l’homme, la collaboration active du tissu associatif et citoyen pouvant fortement contribuer à affermir l’exercice des droits de l’homme. C’est parmi ces programmes que figure le MFP. Celui-ci soutient la participation de particuliers appartenant à des minorités nationales, ethniques, religieuses ou linguistiques à un programme de formation aux droits de l’homme.

Nouha Grine nous a ainsi expliqué que l’importance de ce programme réside dans le fait qu’il donne aux boursiers la possibilité de « formuler des recommandations à l’adresse de leurs gouvernements sur la situation des minorités dans leur pays ».

A la fin du programme, les boursiers devraient en effet avoir acquis une connaissance générale des mécanismes des Nations unies relatifs à la défense des droits de l’homme, en particulier ceux chargés des questions en lien avec les minorités. Ils devraient ainsi, à leur retour, s’être suffisamment outillés pour pouvoir assurer des formations, au sein de leur communauté ou de leurs organisations, visant à partager leurs connaissances et les informations acquises tout au long de la période de formation.

Nejiba Belkadi

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer