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Federico Scoppa/AFP via Getty Images

Les diplomates de l’UE acceptent provisoirement d’étendre l’opération de lutte contre la contrebande

«Les diplomates européens ont conclu mardi, un accord provisoire  pour étendre l’opération Sophia d’anti-contrebande conjointe en Méditerranée» a fait savoir le média Politico dans l’une de ses publications.

Le Comité politique et de sécurité, composé des ambassadeurs de l’Union Européenne et s’occupant des questions de défense et de politique étrangère, a approuvé un projet de texte qui déclare «accepter l’extension du mandat de l’opération Sophia pour six mois ».

Et la même source d’ajouter que les protagonistes ont également accepté «pour des raisons opérationnelles, de suspendre temporairement le déploiement des moyens navals de l’opération Sophia … pendant la durée de cette prolongation, tout en continuant à mettre en œuvre son mandat consistant à renforcer la surveillance par des moyens aériens et à renforcer l’appui fourni aux garde-côtes libyens ».

Par ailleurs, les diplomates ont déclaré que les capitales nationales avaient jusqu’à mercredi 11 heures, pour donner leur consensus final. Selon eux, Rome et Budapest sont les plus susceptibles d’avoir encore quelques problèmes et Paris n’est pas totalement convaincue.

Le mandat actuel de l’opération Sophia, dont le siège est à Rome, devait expirer à la fin du mois. La décision visant à l’extension de ladite opération a été controversée, Rome souhaitant modifier les règles afin que les migrants sauvés – qui arrivent maintenant en Italie – soient redistribués à d’autres États membres.

Matteo Salvini vice-Premier ministre et dirigeant de la Ligue d’extrême droite en Italie, a menacé à plusieurs reprises de mettre fin à l’opération si les règles n’étaient pas modifiées. «Soit les règles devront changer, soit tout sera bientôt terminé ici», avait-t-il déclaré en janvier.

Les diplomates ont également souligné que la solution actuelle ne nécessiterait pas un changement de mandat, afin que la procédure  ne soit pas longue. D’autres options consisteraient à abandonner Sophia ou à lancer une nouvelle opération, en déplaçant le siège hors d’Italie, probablement en Tunisie, avec un nouveau mandat comprenant uniquement la formation des garde-côtes libyens.

Lorsque l’opération a été lancée en juin 2015, son objectif était de perturber les réseaux de passeurs, mais elle a depuis été étendue en juin 2016 et à nouveau en juillet 2017. Celle-ci inclut désormais d’autres tâches telles que la mise en œuvre de l’embargo américain sur les armes en haute mer, au large des côtes de la Libye, ou encore la collecte d’informations sur le trafic illicite des exportations de pétrole de ce pays d’Afrique du Nord.

En théorie, la recherche et le sauvetage ne font pas partie du mandat de l’opération Sophia, mais il s’agit d’une obligation légale pour tous les marins régis par les conventions maritimes des États-Unis.

Certains responsables de l’UE étaient sceptiques quant à la volonté réelle de l’Italie de se déconnecter car, sans l’opération Sophia, Rome serait confrontée à des coûts plus élevés et à davantage de responsabilités si le flux de migrants en provenance de Libye augmentait.

Les diplomates affirment que la discussion se poursuivra, bien que certains pays aient un problème avec cette requête, parce que jusqu’à présent, seuls les demandeurs d’asile ont pu être réinstallés. Mais bientôt, cette décision pourrait être étendue à la quasi-totalité des migrants.

S.N

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